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domguyane - 2010

Lectures des francophones

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1domguyane
Feb 7, 2010, 7:55pm

je commence très mal l'année Orgueil et préjugés et zombies :un sens de l'humour décalé qui est au-delà de mes capacités. Long,bien trop long. L'idée était peut-être bonne, mais franchement je survole les pages et malgré cela j'ai du mal à arriver à la fin.
C'était un coup de coeur de ma libraire. On ne m'y reprendra plus.
On prend le texte de Austen, les personnages sont des ninjas formés en Chine ou au Japon et on tue des zoombies, qui eux-mêmes tuent à tour de bras. J'ai du mal à y voir un intérêt.

2grimm
Feb 11, 2010, 3:32pm

Effectivement vu la description, si c'est au premier degré, ça n'a pas l'air terrible. Dommage que le second degré n'aie pas fonctionné...

3domguyane
Edited: Feb 17, 2010, 5:43am

La mystérieuse flamme de la reine Loana de Umberto Eco

Est-ce un roman, est-ce une biographie romancée ? Cette oeuvre répond probablement à la fois à ses travaux de linguiste et au retour qu'il fait sur sa vie.
On y parle d'un homme, antiquaire en livres anciens, d'une grande culture, qui a perdu la mémoire. Dans une première partie lui revient des bribes d'automatismes qu'il ne sait pas relier à sa vie, et tout ce qui fait sa vie affective l'a quitté.

Pour essayer de la retrouver il retourne dans la maison de campagne de son enfance, où il tente de recomposer sa vie à travers les lectures de son enfance, et tout particulièrement les bandes dessinées.
J'ai survolé cette seconde partie, très longue, trop longue, car je n'ai pas du tout la même culture de la BD américaine des années 40 et 50, et je ne suis pas italienne. En tout cas, même en version poche une très belle iconographie de ces années là.

Dans la troisième partie, il a eu une nouvelle attaque qui le plonge dans un coma, dans le brouillard qui est le leit-motiv de tout le livre, il refait les liens, il retrouve le fil conducteur de sa vie.
Une langue très riche, sans aucune pédanterie, le souci du détail, car dans sa quête chaque détail peut être celui qui déclenchera le réveil de sa mémoire.

Qu'un regret : ne pas être capable de partager la nostalgie de sa jeunesse.

4domguyane
Edited: Feb 17, 2010, 6:28am

Eux de Joyce Carol Oates
Les débuts de Madame Oates dans sa carrière littéraire : la saga d'une famille de "petits blancs" comme on dirait dans le sud, mais ça se passe à Détroit, des années 40, 50 aux grandes émeutes des années 60.

Elle nous prévient : il s'agit presque d'une biographie, puisqu'elle a puisé dans la vie d'une de ces anciennes élèves des cours du soir qui lui reprochera plus tard de l'avoir laissée sur le bord de la route.

Ce qui explique probablement qu'on est à la fois très "dans le livre", je l'ai dévoré, mais également en dehors, ces personnages, fêlés, tarés, on en est très proches, mais quand même spectateurs.Et puis on lui sait gré d'en dire beaucoup, mais pas de tout nous dire, parce qu'on sait que dans la réalité, c'est souvent bien plus glauque.

On se rend bien compte que la vie est faite de ces petites choses, de ces embranchements qui n'ont l'air parfois de rien, et qui changent une vie, en vie de raté ou une vie de réussite.

Et "eux" ce sont déjà les personnages des livres de Oates, ces petites gens de l'Amérique ceux qu'ont pas de bol, qu'ont raté les bons embranchements, dont elle pourrait probablement faire partie si la lecture puis la littérature ne l'en avait pas sauvée.

5domguyane
Feb 17, 2010, 6:27am

De Daniel Arasse, On n'y voit rien : A partir de quelques tableaux de maitres, un historien d'art nous amène avec un magnifique bagage culturel et beaucoup d'humour à voir autrement, ou à voir tout court. C'est passionnant.
Moi je l'ai en folio, mais c'est dommage.

6domguyane
Mar 2, 2010, 7:37am

Mémoire infidèle de Elizabeth George
Appeler "thriller" un bouquin de 800 pages, alors qu'au bout de 400 on se dit "pff encore tout ça à lire" ... :

Un virtuose du violon fait un blocage du jour au lendemain, des personnes de son entourage se font écraser, une petite soeur débile est morte dans des conditions douteuses, viennent se greffer des histoires de policiers british dont on ne sait pas ce qu'il viennent faire dans l'histoire, mais on peut imaginer que ce sont des personnages récurrents chez cette auteure.

C'est tellement long, et les personnages m'ont si peu captivée que je m'en suis fichu totalement de ce qu'il leur advient... on veut juste que ça se termine ! La fin aurait pu être piquante avec un bouquin amputé des deux tiers.

7domguyane
Mar 26, 2010, 7:49am

Point besoin de noircir des centaines de pages pour écrire un bijou ; A marée basse (the highest tide en anglais) de Jim Lynch entre dans la catégorie "roman initiatique".
Si l'histoire est actuelle, elle fleure bon les années 50, quand les enfants ne passaient pas leur temps entre la console de jeu et la ceinture du siège arrière du véhicule de leurs parents.

C'est l'été des 13 ans de Miles O'Maley, juste qq part entre enfance et adolescence. Il vit au bord de Puget Sound, du côté d'Olympia, la capitale pluvieuse de l'état de Washington et sait encore voir ce que les adultes ne voient plus.
Au passage un hommage à Rachel Carson une biologiste marine, à l'origine de l'interdition du DDT - la connaissiez- vous ?

Le titre français évoque cet été où le petit O'Maley , qui se fait des sous en ramassant des coquillages à marée basse découvre des animaux marins improbables et se voit entraîné dans une hystérie médiatique. Le titre anglais lui se rapporte à la fin du livre, cette marée centenniale qui emportera aussi l'enfance avec elle.

Un roman riche, poétique, une écriture claire, des personnages vu par ce garçon qui a une vision sans illusion mais magnifiquement positive.

8domguyane
Mar 30, 2010, 6:02pm

Une odeur de Gingembre de Oswal Wynd
De 1903 à 1942, l'histoire d'une vie étonnante racontée à travers son journal intime ou ses lettres : une jeune écossaise de 20 ans quitte sa cambrousse natale pour rejoindre un fiancé qu'elle connait à peine, en service en Chine.

L'histoire commence doucement au rythme du bateau qui l'éloigne de son Ecosse et d'une éducation bigote. En bonne écossaise son caractère bien trempé l'entraînera dans une vie peu banale, de Chine au Japon et lui permettra de survivre et plus ! Elle est la contemporaine de Coco Chanel et comme elle ne s'en laisse pas trop conter malgré des vicissitudes que je ne souhaite même pas à mon pire ennemi !

Une écriture maîtrisée, une histoire passionnante, un livre qui se lit d'une traite et on regrette qu'il ne fasse pas le double de pages, tellement on est à l'aise avec notre héroïne.

Même si l'auteur ne dévoile pas ses liens avec Mary Mackenzie, l'histoire a forcément quelque chose à voir avec l'auteur né à Tokyo dix ans après l'héroïne, de parents écossais missionnaires au Japon. Il y a vécu jusqu'à ses 20 ans et plus tard a été 3 ans prisonnier de guerre du côté de Singapour.

La couverture du livre, aussi m'a séduite, une peinture de de Ken Howard.

Merci à Mercedes pour cette lecture qui nous rappelle qu'à coeur vaillant rien d'impossible !

9domguyane
Mar 30, 2010, 6:33pm

Coquillages et escargots de Guyane : un livre très complet qui ravira les amateurs éclairés comme les vrais scientifiques. Je ne suis ni l'une ni l'autre , mais je connais l'auteur et je suis très fâchée après les escargots Achatine qui ont envahi et la Guyane et mon jardin venant d'Afrique via les Antilles ces toutes dernières années, introduite en 1996, encore très localisé dit David, l'auteur, mais moi je me bats contre des dizaines, tous les jours !

10Cecilturtle
Mar 30, 2010, 8:43pm

On ne peut pas les manger? :-)

11domguyane
Mar 31, 2010, 12:55pm

bof ... j'aime pas trop les escargots, mais peut-être bien que oui, je vais poser la question sur un forum local ;-)

12domguyane
Edited: Apr 6, 2010, 7:27am

La table des enfants de Isabelle Hausser : Un livre qui se présente comme un décryptage des relations mère-fille, cet ouvrage par son "foisonnement" comme dit l'éditeur, manque sa cible et de crédibilité.

Roman psychologique, roman policier, étalement d'érudition, ça part dans tous les sens.

Une mère apprend la mort de sa fille née d'un premier mariage dans un accident de voiture. Elle se retrouve légataire de ses biens et tutrice de ses petits-enfants et découvre que sa fille menait une vie familiale et psychologique pour le moins compliquée.

Que du beau monde, de beaux sentiments, des personnages irréprochables et des histoires d'amour improbables.

Une écriture qui manque de rigueur, même que j'ai vérifié dans les premières pages si ça n'avait pas été (maladroitement) traduit.

13domguyane
Apr 6, 2010, 5:37pm

Peur noire de Harlan Coben : pas le pire, pas le meilleur des Myrton Bolivar, une agréable récréation.

14domguyane
May 15, 2010, 1:56am

Le premier principe, le second principe de Serge Bramly : un polar politique français plutôt bien ficelé, avec de vrais rebondissements, on n'en lit pas tous les jours. Il y a certes quelques petites longueurs mais on sait peu à peu que durant les présidences de Mitterrand la réalité a souvent dépassé la fiction ...

15domguyane
Jun 8, 2010, 3:03am

De retour de Saint-Petersbourg je me suis plongée dans Hélène Carrère d'Encausse La Russie entre deux Mondesmalheureusement pas terminé car oublié dans l'avion. Belle analyse de la Russie tentée à la fois par l'Asie et par l'Europe ...

16domguyane
Jun 8, 2010, 3:07am

Emma de Jane Austen l'histoire d'une jeune fille imbue de son milieu et qui prend quelques claques : lorsqu'on arrive à passer outre le verbiage de Jane Austen, le fond est vraiment sympa, universel, actuel, et ça finit bien ...

17domguyane
Jun 9, 2010, 11:13am

Le petit vieux des Batignolles d'Emile Gaboriau : une histoire policière et deux nouvelles sur le thème du mariage arrangé : si le contexte date un peu (second empire) une écriture enlevée, une intrigue bien menée et personnages sympathiques m'ont apporté une pause lecture bien agréable et sans prétention

18domguyane
Jun 12, 2010, 9:25pm

Jean-Louis Debré Quand les brochets font courir les carpes: On le prenait un peu pour un nigaud, peut-être parce qu'il était fidèle, ça a un côté un peu ridicule. Après une carrière politique, descendu de son perchoir, il nous offre un polar de ministère de bonne facture.

19domguyane
Edited: Jun 12, 2010, 9:34pm

Meurtre en librairie par Carolyn G. Hart ... encore un lien qui ne fonctionne pas ! Pour moi ce polar n'a pas trop bien fonctionné non plus :un polar pour midinette, une jeune femme a hérité une libraire spécialisée dans le polar sur une île habitée par des riches et des excentriques. Son petit ami vient la rejoindre, il est beau, riche, a de l'humour, n'a pas la grosse tête et ils vont résoudre une série de meurtres. D'accord toutes les 3 lignes il y a une allusion à un auteur de polar, mais comme je ne les connais pas trop, ça m'a fait ni chaud, ni froid. C'est juste le petit ami que je voudrais bien avoir !

20domguyane
Jun 19, 2010, 3:34pm

Hudson River par Joyce Carol Oates : c'est desperate housewives version côte est. Une fois le plus, le titre anglais est plus parlant : middle age : a romance. La mort à la fois héroïque et stupide d'un membre décalé de leur communauté secoue le petit monde de cette banlieue très chic de la côte est. Ils ont entre 40 et 60 ans, les enfants ont quitté la maison, la fortune est établie, où est la raison de vivre ?

21domguyane
Jun 24, 2010, 9:22am

L'histoire d'un mariage par Andrew Sean Greer : C'est un petit livre, un livre doux et dur à la fois, sur le mariage, l'amour, pourquoi on reste ensemble ou pas, l'homosexualité, les objecteurs de conscience, la ségrégation, San Francisco, le courage, la lâcheté, et quand on le ferme on reste étonné que tant de thèmes aient été abordés en finesse, avec l'air de ne pas y toucher.

22domguyane
Jul 7, 2010, 2:38pm

De William Dietrich Les pyramides de Napoléon, dans la lignée de ces livres tiers new age, tiers thriller, tiers historique, là c'est l'histoire d'un américain disciple de Franklin, qui se retrouve avec Napoléon en Egypte, la recherche du secret l'invincibilité ou qq chose comme cela. L'explication de la fin est sympathique : de la même manière que le secret de Da Vinci code c'est que JC était marié, ici c'est Moïse qui aurait volé les secret de pharaon... Bon d'accord, je n'aurais pas du l'écrire ... Amputé de la moitié, je pense que j'y aurais pris bien du plaisir, mais là je dois avouer que j'ai sauté des pages entières.

23domguyane
Aug 14, 2010, 6:58pm

Un joli livre, probablement autobiographique : Le gout des pépins de pomme de Katharina Haguena. Une jeune femme hérite de la maison de ses grands parents où elle a passé ses vacances durant son enfance. Le puzzle de l'histoire de sa famille se remet en place dans sa mémoire, c'est parfois poétique, voire épique, mais n'est pas Garcia Marquez qui veut ! Le livre pèche par ses dialogues, je pensais que c'était probablement lié à la traduction (de l'allemand) mais DonSturzo qui l'a lu en VO confirme ... J'ai toutefois eu beaucoup de plaisir à le lire.

24domguyane
Aug 14, 2010, 7:14pm

Ben oui, je suis une inconditionnelle de Somerset Maugham, ça faisait plus de trente ans que je n'avais rien lu de lui, et j'aime toujours sa pertinence, son humour, même en français. Le fil du rasoir se passe entre les deux guerres, mais qui aurait aussi bien pu se dérouler dans les années 70, après la guerre du Vietnam et même au 21e siècle l'histoire n'est pas démodée... être, paraître ...

25domguyane
Aug 20, 2010, 5:45pm

Un gros coup de coeur pour Firmin de Sam Savage : une très jolie fable sur l'exclusion, la résistance, la passivité, la transcendance de la vie par la littérature et par le rêve, un petit livre que l'auteur situe dans un quartier en voie de démolition de Boston.
Belle écriture, de l'humour, et un rappel, l'apparence n'est pas forcément vérité.

26Cecilturtle
Aug 20, 2010, 9:11pm

trop drôle - je suis en train de le lire; j'en suis aux premiers chapitres, mais j'aime beaucoup l'idée d'un rat qui se régale de littérature. Chose curieuse, ce livre est américain, donc l'expression c'est bookworm (ver de livres) alors qu'en français c'est... d'un rat de bibliothèque qu'il s'agit. Savage se serait-il inspiré de l'expression française?

27domguyane
Aug 21, 2010, 7:21pm

Ce serait un joli clin d'oeil, mais je crois plutôt que c'est lié à la place du rat dans notre imaginaire, c'est comme Ratatouille !
Un autre livre sympa que je viens de finir : la reine des lectrices d'Alan Bennett ou le pouvoir subversif de la lecture :
qu'adviendrait-il si la Reine d'Angleterre succombait soudain au vice de la lecture ?
Il s'agit là d'une réflexion allègrement menée sur la place de la lecture et de l'écriture, un livre court lu avec jubilation le temps d'une sieste

28Cecilturtle
Aug 21, 2010, 8:27pm

Ah, nous avons les meme gouts... je l'ai lu l'annee derniere et il m'a beaucoup plu!

29domguyane
Aug 21, 2010, 10:57pm

et je suis contente de trouver des livres gais ! il y a un moment où je tombais toujours sur des livres noirs, quasi anxiogènes!

30domguyane
Aug 28, 2010, 12:21pm

La fille tatouée n'est de loin pas le meilleur Oates. De cette cohabitation improbable entre un riche intellectuel atteint d'une maladie dégénérescente neurologique, et cette fille inculte des régions minières sinistrées et abandonnées, je suis sortie frustrée. Un roman inégal, où j'ai eu l'impression que l'auteure moins à l'aise sur certains registres ne les effleurent qu'à peine. Le personnage de la soeur du "héros" est plutôt baclé.

Et qui a fait la couverture ? Alma est peut-être tatouée, elle est surtout marquée, et la 4ème de couv? n'importe quoi

31domguyane
Sep 5, 2010, 7:47am

Testament à l'anglaise, Le plus abouti des Jonathan Coe, une structure du livre originale et réussie, et un sacré réquisitoire contre les années Thatcher, mais en sommes nous vraiment sortis ?
Ni la couverture, ni le titre français ne m'avait incités à l'ouvrir.
What a carve up ! est le titre en anglais. C'est aussi le titre du film qui est un fil rouge tout au long de ce roman, un film de 1961 avec Sid James et Kenneth Connor.

Ce livre paru en 1994 nous entraîne en même temps que l'auteur et le biographe de la famille Winshaw, stéréotype de ce capitalisme ultra libéral, qui nous fait bouffer de la merde, nous lave le cerveau, nous entraîne dans des guerres qui ne sont pas les nôtres et a réussi à dévoyer les forces des entreprises en machines à cash dans leur seul intérêt.

32domguyane
Sep 12, 2010, 8:19am

L'elegance du herisson de Muriel Barbery : des pépites dans ce livre qui est aussi bourré de défauts, à trop vouloir bien faire, parfois on en fait trop. J'ai été touchée par l'histoire de cette femme, transparente par sa condition, et qui par instinct de survie, a compris que dans notre société, les castes sont aussi infranchissables que celles de l'Inde même si elles ne sont pas avouées. On sourit au pathétique de ces élites coincées du 7 rue de grenelle. On se souvient avoir été ado et d'avoir compris un jour qu'on était dans le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Et on en a fait quoi de ce constat ?
Oui il y a des longueurs, oui l'histoire aurait été plus efficace sans appuyer lourdement sur la culture de l'une et l'inculture des autres, ça donne un côté caricatural au récit
Peut-être Muriel Barbery nous suggère-t-telle de nous replonger dans les maîtres de la philo du siècle dernier, Husserl et sa phénoménologie transcendantale, méthodologie d'accès à la vérité des choses ! Et puis oui, moi aussi j'échange sans hésiter Michel-Ange contre un maître hollandais.

33domguyane
Sep 17, 2010, 2:43am

L'envoutement de Siri Dahl de Siri Hustvedt : Comme Siri, la jeune Lili vit dans le Minnesota et elle est issue d'une famille d'origine norvégienne. Elle n'a pas froid aux yeux, c'est une année charnière, elle travaille pour payer ses études, ses parents sont partis en Floride, elle grandit cette année là, l'enfance la quitte, parfois "on the hard side". Elle s'affirme, parfois dans la douleur. On sait déjà qu'elle ne vivra pas la vie des autres.

34domguyane
Sep 19, 2010, 4:57pm

dans ma période Jonathan Coe ... La pluie avant qu'elle ne tombe : celui-là je regrette vraiment de ne pas l'avoir lu en VO, on sent qu'on y perd en justesse.
L'histoire de plusieurs générations de femmes mal aimées, où le présent se confond avec le passé, au travers de ces photos de famille où tout le monde sourit, et ces sourires que cachent-ils ?
et mon prochain achat en musique ce sera bien sûr les Chants d'Auvergne recueillis par Canteloube, qui sont aussi le fil musical de ce joli livre.

35domguyane
Sep 26, 2010, 7:58am

je ne sais rien, mais je dirai (presque) tout de Yves Bertrand, ancien patron des RG : où l'on nous confirme ce que chacun savait, dans les allées du pouvoir, depuis Versailles, on se parfume beaucoup pour cacher les remugles.
Un journaliste obséquieux, voire complaisant, un ancien flic puissant qui contrairement au titre sait probablement beaucoup de choses mais ne dit strictement rien qu'on ne sache dans ce livre.
La seule info inédite (pour moi) est que dans les grandes heures de la CGT, financée par l'axe de Moscou, FO était quand à elle financée par les américains ... après on s'étonne que les syndicats manquent d'assise en France ...

36domguyane
Oct 8, 2010, 12:41pm

La symphonie pastorale d'André Gide ou le déchirement entre morale religieuse et sentiments

c'est l'histoire d'une jeune fille aveugle recueillie par un pasteur protestant qui en tombe amoureux, et son fils aussi, qui fuira en devenant moine catholique.
Et la jeune fille recouvre la vue, et en même temps que la vue elle découvre le Mal et le péché. Elle n'y survivra pas. Et la morale qui avant permettait au pasteur de vivre, ne lui inspire plus que culpabilité envers la jeune fille et envers son fils ....
Il n'est peut-être pas anodin que Marc Allégret, son amant à l'époque était lui-même fils de pasteur et que Gide a eu des vélléités de quitter le protestantisme pour la religion catholique. Y-a-t-il de sa cousine Madeleine dans le personnage de la jeune fille ?
Le titre est issu de la pièce musicale de Beethoven, que la jeune fille avait entendu aveugle et elle espérait que le monde était aussi beau que cette musique

37domguyane
Oct 17, 2010, 8:30am

Crépuscule Irlandais d'Edna O'Brienoù l'on parle d'Irlande et des rapports tourmentés entre mère et fille

Un livre qui sent la tourbe, le chien mouillé, les champs de pommes de terre, les haies de fuchsias, la musique du violoneux, les camionnettes déglinguées et les casquettes en tweed. Une Irlande, terre ingrate, de malheur, du catholicisme borné, que Edna O'Brien a quitté mais qui coule dans sa plume.

Un récit que l'on ne saurait réduire à une autobiographie, même si elle y met ses tripes. Les histoires imbriquées de Bridget, la grand'mère, Dilly, la mère dont le rêve d'Amérique se délitera et qui reviendra au pays résignée, Eleonora sa fille qui, malgré sa réussite d'auteur, ne trouve pas la paix. Des vies qui se rejoignent et s'éloignent et se heurtent dans l'impossibilité de communiquer.

Un livre de femmes, mais aussi en creux sur les hommes : immatures, coureurs, joueurs, vélléitaires, veules, manipulateurs, ils n'apportent rien de bon mais on s'y résigne.

La référence appuyée à Hans Castorp, me rappelle que je n'ai toujours pas achevé la lecture de La Montagne magique de Thomas Mann, je vais donc m'y remettre.

Respect à Sabine Wespieser l'éditrice pour ses livres soignés mais sans ostentation.

Et merci à ma fille qui m'a offert ce livre, que je n'oserais pas faire lire à ma mère, tellement il est juste.

38domguyane
Oct 22, 2010, 5:54pm

Une histoire estonienne ou de la misère morale : Purge de Sofi Oksanen

Au travers de la vie d'une paysanne estonienne, c'est en filigrane l'histoire de l'Estonie, d'avant guerre jusqu'à l'indépendance que l'auteur nous dépeint.

On comprend bien comment une société rurale, et ses composantes pétries de superstitions, perdent peu à peu leurs repères, à subir des idéologies qui se suivent et se ressemblent par leurs effets, victimes et bourreaux, ensemble, ou à tour de rôle : purges staliniennes, camps allemands, goulag, mafia ...

C'est la lutte pour la survie, toujours sur le fil.

Une histoire plutôt glauque mais qui m'a tenue en haleine du début à presque la fin. Un ouvrage toutefois inégal desservi de surcroit par une traduction très approximative.

Merci à Rolande qui me l'a offert.

39domguyane
Oct 28, 2010, 11:06pm

A Mercy, en anglais, ou la Miséricorde ... Un Don de Toni Morrison

un livre très court, une écriture poétique et pourtant, avec une acuité qui fait presque mal, les scènes émergent de la brume.

On est au début de l'Amérique colonisée, et esclavage n'est pas encore synonyme de négritude, on l'a oublié depuis.

En très peu de mots Toni Morrison peint une fresque d'une Amérique qui aurait pu être mais qui n'a pas été, début et fin d'une utopie. Elle nous raconte la vie d'un fermier, touché par le virus des affaires, et de ses ouvriers : chacun des personnages incarne une composante de la société de l'époque et représente également une servitude particulière.

Les femmes tiennent une grande place dans le livre, l'amour maternel qui était déjà le thème de "Beloved", la miséricorde d'une mère, le don, message que la jeune Florens refuse d'entendre...

40domguyane
Edited: Nov 14, 2010, 5:16am

Les Intermittences de la mort http://www.librarything.com/commonknowledge/search.php?q=Death+with+Interruption...: Saviez-vous qu'il y a une mort pour chaque pays et pour chaque catégorie de vivant ? Dans le pays de José Saramago, celle des hommes cesse de les faire mourir. Entre philosophie et 'pataphysique, il nous amène avec beaucoup d'humour à visiter toutes les conséquences fâcheuses de cette nouvelle situation. Et au-delà à réfléchir sur les fondamentaux de notre société.

Un livre jubilatoire écrit par un homme très proche de sa mort. Saramago l'a publié à plus de 80 ans, 5 ans avant qu'il ne nous quitte. Facile d'écrire sur la mort à 20 ans mais demande une remarquable lucidité lorsqu'on approche du moment fatidique.

L'écriture très particulière de Saramago, qui à l'instar de la mort, fait fi des règles habituelles de la syntaxe, associe le lecteur de manière très intime à ses réflexions en l'interpellant lorsqu'il sent que son attention faiblit ou qu'il émettrait un doute.

41domguyane
Dec 5, 2010, 6:59am

dans le livre La Moisson, Petru Dimitriu, né entre les deux guerres, nous parle d'un temps que nous aurions aimé connaître, avant la révolution d'octobre, celui de ses parents, quand l'Europe existait ... Ecrivain peu connu il nous parle de son enfance au bord du Danube, ses études dans une Allemagne ravagée par la guerre et les privations, la faim, son entrée dans le premier cercle communiste en Russie, toujours sur le qui-vive, sa rencontre avec sa femme, leur fuite à l'ouest, sa foi aussi, une vie bâtie sur des rencontres, des amitiés fortes.

Oui la Moisson, un beau titre pour le récit d'une vie, rencontres, expériences, joies et malheurs sont autant d'épis dont on tirera le pain qui nous nourrira.

42domguyane
Dec 12, 2010, 3:13am

Quel beau livre, que Rosa candida si loin des dégueulis obscènes de ces auteurs français qui exhibent leurs mesquineries et autres fornications misérables sur la place publique. Un livre pour se réconcilier avec ces drôles de bêtes que sont les hommes, je veux dire l'espèce masculine.

Un livre pudique, délicat, comme cette rose dont il a pris le titre.
Je n'ai pas envie d'en écrire plus car il serait difficile de le dire aussi bien que cet auteur islandais qui nous parle de grandir, d'aimer et de cultiver son jardin.

43domguyane
Dec 25, 2010, 3:27pm

Vallée de la Mort de Joyce Carol Oates : un regard sans complaisance sur les rapports entre les hommes et les femmes

Pour Joyce Carol Oates, anti bluette hollywoodienne, il ne saurait être de couple heureux. Elle sait où aller gratter sous la surface, et trouver les fêlures, les peurs, les ratages.

Ses nouvelles m'apparaissent comme des exercices de style, pour certaines une mise en bouche pour ses prochains romans, c'est ainsi qu'elle fonctionne, tournant autour de ses personnages pour en tirer la "substantifique moëlle", souvent peu ragoutante, mais devant le miroir, sans fards, que voyons-nous ?

On est toujours dans le milieu de son enfance, l'état de New York, pas la grosse pomme, non ces petites villes où on allait faire ses courses dans Main Street, avant l'arrivée des Mall. L'Amérique d'en bas, des culs terreux. anciens paysans, nouveaux ouvriers, petits cols blancs.

Une écriture si précise, si détaillée, qu'on se croirait au cinéma, en le refermant, je ne savais plus trop si j'avais lu un livre ou regardé un film.

44domguyane
Dec 26, 2010, 8:07am

Ces gens là : Un style excellent, une écriture maitrisée, mais qu'avait à nous dire Virgile Durand dans ce premier roman ? 4 générations vues par le petit bout (si j'ose dire) de la lorgnette, celui du sexe. Les générations précédentes auraient été des individus lubriques incapables de maîtriser leurs pulsions, par réaction engendreront une génération quasi asexuée, puis homosexuelle, mais attention, le sexe n'a pas dit son dernier mot, malgré l'éducation.

Le titre renvoie sans nul doute à la chanson de Brel, mais contrairement à la chanson de Brel on ne sait pas où se situe l'auteur et où il veut amener ses lecteurs. Les personnages sont bien croqués et justes, même si on reste dans la surface, donc dans la caricature.

Dommage aussi qu'il ait fallu passer par la case camps et quelques autres clichés assez agaçants et des digressions parasites comme celle sur le sexe de Michel-Ange.

Un livre qui aurait pu nous amener plus loin si l'auteur avait eu le courage de se mouiller.

45domguyane
Dec 30, 2010, 9:40am

Le songe de Monomotapa de Pontalis : Il se retourne vers sa vie, et nous embarque dans les milieux intellectuels de l'après-guerre dans ce tout petit ouvrage sur l'amitié, la mémoire.

Un livre de commande qu'on aurait aimé un peu plus fourni, mais qui a agrémenté ma sieste. Un livre offert par une amie jadis très chère, mais l'étoffe de notre amitié s'est effilochée au fil du temps.
Un cadeau d'adieu peut-être ? Ou un joli clin d'oeil au passé.

46domguyane
Edited: Dec 30, 2010, 9:44am

Le lepreux de Saint-Gilles de Ellis Peters : Agréable récréation que ce petit polar qui nous emmène dans le jardin des simples du frère Cadfael dans un monastère bénédictin en Angleterre sur fond de retour de Croisades.

47domguyane
Dec 30, 2010, 1:29pm

Inconnu a cette adresse : Un bijou que cette nouvelle publiée en 1938 et qui en dit bien plus long sur l''Allemagne nazie que bien des pavés.
Qui a dit qu'on ne savait pas ? Kressmann Taylor, l'auteur, une housewife américaine, elle, savait.

48domguyane
Jan 3, 2011, 3:22am

Le clan des Otori de Lian Hearn : japanese fake !

Bon je croyais me plonger dans une lecture médiévale japonaise, en réalité c'est une auteure australienne actuelle qui a écrit cette saga.; elle n'en reste pas moins fort sympathique à lire, et je vais de ce pas me plonger dans le 2ème tome ...

49domguyane
Jan 3, 2011, 3:24am

Bonne année à tous ! et en route vers de nouvelles lectures 2011 ...

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