HomeGroupsTalkZeitgeist
Hide this

Results from Google Books

Click on a thumbnail to go to Google Books.

Fragment 31 {Lobel and Page} by Sappho
Loading...

Fragment 31 {Lobel and Page}

by Sappho

MembersReviewsPopularityAverage ratingConversations
711,138,814 (4)None
-580 (1) A4s (1) poetry (1) read in 2012 (1) Sappho (1) Shelf B1 (1)

None.

None
Loading...

Sign up for LibraryThing to find out whether you'll like this book.

No current Talk conversations about this book.

Le concept, séduisant, de ce livret est de présenter, comme le sous-titre l'indique, cent déclinaisons d'un fragment de poème de Sappho, généralement appelé le fragment 31, l'un des plus longs qu'il nous reste de cette poétesse éolienne. Assez vagues, ses quatre strophes traitent de l’Amour, de ses délicieux tourments et de l'impossibilité d'y résister. Pour ma part, je ne peux pas davantage résister à l'envie de partager la conclusion d'une postface signée Philippe Brunet : « De cette accumulation de caricatures, fantômes, clones à des degrés divers, rencontres, liens, de cette mimésis pieusement rejouée de l'un(e) à l'autre, il ressort que l'original se réinvente à chaque génération, que le sérieux des traducteurs et la fantaisie des imitateurs se confondent dans un même acte rituel d'écriture et une même poursuite érotique. L'extrême vérité de Sapphô, loin de préexister à ses avatars, se transforme sans cesse pour s'imposer dans la coexistence contradictoire de ses prétendants. » #QualitéFrançaise

Ceci étant on trouve donc, outre l'original et une première traduction en latin de Catulle, des textes français de 1555 (Louise Labbé) à 1993 (Frédérique Vervliet), soit à peu près quatre siècles très inégalement parcourus : Le Second Empire occupe plus de pages que tout le dix-septième siècle, et on n'y trouve pas de vers romantiques. Parce qu'ils n'existent pas ? Parce que l'éditeur ne les a pas cherchés ou pas trouvés ? Parce qu'ils ont été écartés ? (en préface, Philippe Brunet déclare avoir trouvé encore plus de versions)). Le mystère reste entier.

Les questions chronologiques ainsi éludées, on peut dresser une typologie sommaire des textes qui se répartissent en quatre catégories à peu près identique en nombre, mais certes pas en répartition : les traductions pures et dures, en prose sèche comme la férule d'un maître d'études ; les versions enjolivées, adhérant au texte de base mais en adoptant une forme poétique française qui impose quelques écarts ; les adaptations plus désinvoltes, paraphrasant Sapphô mais visant, sur cette base, à construire du beau et du neuf, τò καλόν καὶ νέον ; enfin, les versions carrément affranchies du texte antique, se contentant d'en reprendre telle ou telle image, parfois même de façon douteuse : l'inclusion de Racine, par exemple, me laisse plus que sceptique.

Aussi serait-il vain de tenter une comparaison entre ces différents textes aux buts sensiblement différents. Je ne mentionne donc que très inutilement mon étonnant favori, la version de Marguerite Yourcenar, que j'ai apprise par cœur malgré les difficultés croissantes que l'exercice pose à ma cervelle fourbue. Parmi les curiosités, notons des vers dus à Eugène Rostand, père et grand-père de, et à Alexandre Dumas dont j'ignorais jusqu'alors totalement qu'il eût rimé ; mais Dumas étant ceux qu'il est, je ne devrais sans doute pas être surpris. Et l'intérêt du livret, plutôt que dans telle pièce ou telle autre, tient dans ce Gestalt de bric et de broc, ce panorama de tout ce qu'on peut faire à partir d'un texte.

Or justement la question se pose : pourquoi tant de version d'un même poème ? Je serais tenté d'y répondre de façon plus désobligeante que la postface. Car certes, l'Amour et ses terribles délices sont un thème, sinon rigoureusement universel, fort répandu ; mais à mon avis, plutôt que dans le sens du texte il faut chercher les raisons de sa postérité dans son absence de sens ou plutôt celle de ce qu'il en reste. Car non seulement le texte est court, mais il est incomplet, et les lettrés continuent même d'ergoter sur la signification précise de certains de ses mots. Entre les lacunes du vocabulaire et celles du contexte, aucun personnage n'étant nommé ni décrit, et le narrateur n'étant même pas garanti d'être Sapphô, chacun est libre d'en faire ce qu'il veut et de plaquer sur son chant l'autorité de la Grande Poétesse. Ce fut tentant. D'où ce paradoxe : le texte aurait-il été mieux préservé qu'il eût peut-être été moins adapté, et donc connu une célébrité moindre. C'est à de tels hasards que tiennent la gloire des textes et de ceux qui les écrivent. (vous ne trouvez pas que c'est une meilleure conclusion que celle de Brunet ? Moi je le trouve). ( )
  Kuiperdolin | Nov 7, 2012 |
no reviews | add a review
You must log in to edit Common Knowledge data.
For more help see the Common Knowledge help page.
Series (with order)
Canonical title
Original title
Alternative titles
Original publication date
People/Characters
Important places
Important events
Related movies
Awards and honors
Epigraph
Dedication
First words
Quotations
Last words
Disambiguation notice
Publisher's editors
Blurbers
Publisher series
Original language

References to this work on external resources.

Wikipedia in English

None

Book description
Haiku summary

No descriptions found.

No library descriptions found.

Quick Links

Swap Ebooks Audio

Popular covers

Rating

Average: (4)
0.5
1
1.5
2
2.5
3
3.5
4 1
4.5
5

Is this you?

Become a LibraryThing Author.

 

About | Contact | Privacy/Terms | Help/FAQs | Blog | Store | APIs | TinyCat | Legacy Libraries | Early Reviewers | Common Knowledge | 119,989,588 books! | Top bar: Always visible