Yves Ravey
Author of Un notaire peu ordinaire
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Image credit: leseditionsdeminuit.fr
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A feature of books published in the french "Les Editions de Minuit" that I have read is that they are rarely longer than about 160 pages and stories are told concisely in short chapters. This suits the style of author Yves Ravey who comes across as a writer of crime fiction very much like an updated version of Georges Simenon. The novel was published in 2014
La fille de mon mailleur ami is told in the first person by Wiiliam Bennet who we learn has embezzled money from a cycle company while show more he was a financial director. He visits a old army veteran friend who is on his death bed in hospital who asks him to look after his daughter Mathilda who has just been released from a clinic after suffering a psychotic breakdown. Bennet understands that the cause of Mathilda's latest health issues is that she has been banned by a court from seeing her son who is now in foster care. Bennet has been persuaded by Mathilda to break the law and arrange for her to visit her son. Bennet armed with various cards of false identities takes her to the town where her son lives. They stay in a cheap motel and Mathilda at once shows signs of unruly behaviour, drinking too much and going on a shop lifting spree. This doesn't phase Bennet even though he struggles to keep her under control, because he has seen an opportunity to steal some money.
A story of damaged people living on the edge of society unperturbed in indulging in criminal behaviour. There are twists in the tale as both Bennet and Mathilda pursue their own objectives, with Bennet trying to keep both of them out of jail. Dialogue is handled well with Bennet trying to fob off the police and the foster parents of the child. It is sharp without being too clever and realistic in style. A good read 3 stars. show less
La fille de mon mailleur ami is told in the first person by Wiiliam Bennet who we learn has embezzled money from a cycle company while show more he was a financial director. He visits a old army veteran friend who is on his death bed in hospital who asks him to look after his daughter Mathilda who has just been released from a clinic after suffering a psychotic breakdown. Bennet understands that the cause of Mathilda's latest health issues is that she has been banned by a court from seeing her son who is now in foster care. Bennet has been persuaded by Mathilda to break the law and arrange for her to visit her son. Bennet armed with various cards of false identities takes her to the town where her son lives. They stay in a cheap motel and Mathilda at once shows signs of unruly behaviour, drinking too much and going on a shop lifting spree. This doesn't phase Bennet even though he struggles to keep her under control, because he has seen an opportunity to steal some money.
A story of damaged people living on the edge of society unperturbed in indulging in criminal behaviour. There are twists in the tale as both Bennet and Mathilda pursue their own objectives, with Bennet trying to keep both of them out of jail. Dialogue is handled well with Bennet trying to fob off the police and the foster parents of the child. It is sharp without being too clever and realistic in style. A good read 3 stars. show less
Un garage en faillite, un couple qui se délite, des suspicions, des rancœurs, plus de dialogue… Toute la place est faite pour que ça tourne mal.
Et ça va mal tourner, dans un style volontairement plat duquel semble avoir disparu toute émotion
Justement… d’émotions, je n’en ai pas ressenti
Et ça va mal tourner, dans un style volontairement plat duquel semble avoir disparu toute émotion
Justement… d’émotions, je n’en ai pas ressenti
May 24, 2021 (Edited)French
Ce livre m’a fait doucement sourire. William Bonnet a promis à son meilleur ami, sur son lit de mort, de s’occuper de la fille de ce dernier. Celle-ci s’appelle Mathilde et est plus qu’instable psychologiquement. Suite à plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, lors de son divorce, elle s’est vu retirer tout droit de voir son fils. Or aujourd’hui c’est son plus grand désir. Le meilleur ami va donc tout faire pour que cela marche. Pour cela, il l’emmène dans show more l’Essonne, dans son ancienne ville où son ex-mari habite toujours avec sa nouvelle femme, l’installe dans un hôtel et va essayer de rencontrer la belle-mère de l’enfant pour qu’elle laisse Mathilde voir son fils. Il commencera par des pressions amicales, mais voyant que cela ne marche pas, il appuiera de plus en plus fort. À partir de ce moment-là, tout dérape.
En effet, William Bonnet est un escroc à la petite semaine, qui semble aller de petits coups minables en petits coups minables (ils ont l’air de tous échoués) et Mathilde a quand même beaucoup de problèmes psychiatriques non réglés. L’histoire est plutôt raconté du point de vue Willam Bonnet. Finalement, on sait assez peu ce que Mathilde pense.
À chaque nouvelle péripétie, je me suis demandée comment il pouvait même penser que cela allait marcher. D’un autre côté, on est dans un roman ; l’auteur peut rendre crédible ce qu’il veut. L’histoire fait dans l’ensemble penser à un fait divers du Parisien où on se demande comment il peut exister des gens comme cela. Cela n’a pas manqué. J’ai ressenti la même chose que quand je lis ces articles : cela m’a fait sourire et rigoler. Pas une seule émotion de type compassion, empathie …
Alors qu’est-ce qui peut faire aimer ce livre ? Car oui, clairement, j’ai plutôt beaucoup aimé. D’abord j’aime beaucoup les faits divers (beaucoup plus que les articles politiques ou économiques). En effet, il, ainsi que les commentaires qui les accompagnent, nettement plus notre société (et personnellement c’est ce qui m’intéresse). Puis il y a ensuite l’écriture de l’auteur : minimaliste et ramassée. Un auteur d’une autre maison d’édition aurait raconté la même histoire en beaucoup plus que 150 pages, sûrement fait des changements de points de vue, aurait cherché à faire pleurer dans les chaumières … Dans ce livre, seule l’histoire compte et Yves Ravey sait la raconter dans le sens où quand on referme le livre, on a envie de le rouvrir par la suite. Les péripéties s’enchaînent vite et bien : cela semble la vraie vie. On s’imagine que cela pourrait se passer comme cela. Les personnages ne semblent pas être des personnages mais des personnes. Ils ne sont pas des super héros : ils vont travailler, composent avec ce qu’ils ont, se disputent …
Mon libraire me l’avait conseillé exactement pour cette raison. Il m’avait dit plus qu’Un notaire peu ordinaire, dans ce livre, c’est la vraie vie. Je m’étais un peu moquée parce que je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire mais en fait il avait raison, c’est la vie sans fard. show less
En effet, William Bonnet est un escroc à la petite semaine, qui semble aller de petits coups minables en petits coups minables (ils ont l’air de tous échoués) et Mathilde a quand même beaucoup de problèmes psychiatriques non réglés. L’histoire est plutôt raconté du point de vue Willam Bonnet. Finalement, on sait assez peu ce que Mathilde pense.
À chaque nouvelle péripétie, je me suis demandée comment il pouvait même penser que cela allait marcher. D’un autre côté, on est dans un roman ; l’auteur peut rendre crédible ce qu’il veut. L’histoire fait dans l’ensemble penser à un fait divers du Parisien où on se demande comment il peut exister des gens comme cela. Cela n’a pas manqué. J’ai ressenti la même chose que quand je lis ces articles : cela m’a fait sourire et rigoler. Pas une seule émotion de type compassion, empathie …
Alors qu’est-ce qui peut faire aimer ce livre ? Car oui, clairement, j’ai plutôt beaucoup aimé. D’abord j’aime beaucoup les faits divers (beaucoup plus que les articles politiques ou économiques). En effet, il, ainsi que les commentaires qui les accompagnent, nettement plus notre société (et personnellement c’est ce qui m’intéresse). Puis il y a ensuite l’écriture de l’auteur : minimaliste et ramassée. Un auteur d’une autre maison d’édition aurait raconté la même histoire en beaucoup plus que 150 pages, sûrement fait des changements de points de vue, aurait cherché à faire pleurer dans les chaumières … Dans ce livre, seule l’histoire compte et Yves Ravey sait la raconter dans le sens où quand on referme le livre, on a envie de le rouvrir par la suite. Les péripéties s’enchaînent vite et bien : cela semble la vraie vie. On s’imagine que cela pourrait se passer comme cela. Les personnages ne semblent pas être des personnages mais des personnes. Ils ne sont pas des super héros : ils vont travailler, composent avec ce qu’ils ont, se disputent …
Mon libraire me l’avait conseillé exactement pour cette raison. Il m’avait dit plus qu’Un notaire peu ordinaire, dans ce livre, c’est la vraie vie. Je m’étais un peu moquée parce que je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire mais en fait il avait raison, c’est la vie sans fard. show less
Madame Rebernak habite une petite ville en province avec ses deux enfants, et ce depuis le décès de son mari. Son fils va rentrer à la rentrée à l’Université et en attendant travaille à la station essence pour se faire de l’argent de poche. Il est le narrateur du livre, à la fois intérieur à l’histoire et extérieur puisqu’il voit des choses qui en réalité ne lui sont pas accessibles. La fille de Madame Rebernak, Clémence, a dix-sept ans, prépare son bac français, sort show more avec le fils du notaire. Elle a son âge et se débat pour ne pas être gênée par le côté sur-protecteur de sa mère.
La vie calme de Madame Rebernak va être bouleversée par l’arrivée de son cousin, Freddy. Celui-ci vient de purger 15 ans de prison pour avoir violé une petite fille de la classe de Clémence. Forcément, Madame Rebernak se fait du souci pour Clémence car elle pense que Freddy représente un danger pour elle. Avec l’avancée de la narration, pourtant, on observe un déplacement du danger.
J’ai bien aimé ce livre pour plusieurs raisons :
La description surannée de la vie en province dont notamment l’importance démesurée du notable dans la vie de la famille Rebernak. Par exemple, il peut faire licencier la mère comme il l’a fait embaucher. Autre exemple : on ne peut que lui faire confiance, dans ses jugements notamment.
La distillation progressive des indices. Dans mon résumé, j’ai dit ce qu’avait Freddy mais avant de rentrer dans le livre, on ne sait rien. Tout arrive progressivement : Freddy revient ; il sort de prison ; Madame Rebernak est réticente à aider à sa réhabilitation ; elle veut empêcher qu’il approche sa maison ; elle va à la police ; il faut penser à la petite Sonia et on en arrive enfin à la révélation.
Le fameux déplacement du danger dont j’ai parlé. Pour moi, c’est le point fort du livre. Je n’ai pas compris à quel moment cela arrive ; c’est imperceptible ! Je crois que cela vient du fait que dans la première partie, Yves Ravey met la pression sur son lecteur en lui donnant l’impression d’un danger imminent, il est alors difficile de déplacer son attention sur une autre source de danger que celle désignée. Le livre présente donc un côté thriller qui en fait son charme.
Le livre a en apparence une langue très simple, très centrée sur l’action. Pourtant, l’auteur arrive à faire vivre son texte, notamment les sentiments de ses personnages, en faisant varier le rythme des phrases, des dialogues, en ne donnant aussi les informations qu’au détour de phrases, obligeant son lecteur à être attentif (d’un côté, le livre ne fait que 100 pages). Comme toujours aux Éditions de Minuit, on admire la maîtrise dans la brièveté ! show less
La vie calme de Madame Rebernak va être bouleversée par l’arrivée de son cousin, Freddy. Celui-ci vient de purger 15 ans de prison pour avoir violé une petite fille de la classe de Clémence. Forcément, Madame Rebernak se fait du souci pour Clémence car elle pense que Freddy représente un danger pour elle. Avec l’avancée de la narration, pourtant, on observe un déplacement du danger.
J’ai bien aimé ce livre pour plusieurs raisons :
La description surannée de la vie en province dont notamment l’importance démesurée du notable dans la vie de la famille Rebernak. Par exemple, il peut faire licencier la mère comme il l’a fait embaucher. Autre exemple : on ne peut que lui faire confiance, dans ses jugements notamment.
La distillation progressive des indices. Dans mon résumé, j’ai dit ce qu’avait Freddy mais avant de rentrer dans le livre, on ne sait rien. Tout arrive progressivement : Freddy revient ; il sort de prison ; Madame Rebernak est réticente à aider à sa réhabilitation ; elle veut empêcher qu’il approche sa maison ; elle va à la police ; il faut penser à la petite Sonia et on en arrive enfin à la révélation.
Le fameux déplacement du danger dont j’ai parlé. Pour moi, c’est le point fort du livre. Je n’ai pas compris à quel moment cela arrive ; c’est imperceptible ! Je crois que cela vient du fait que dans la première partie, Yves Ravey met la pression sur son lecteur en lui donnant l’impression d’un danger imminent, il est alors difficile de déplacer son attention sur une autre source de danger que celle désignée. Le livre présente donc un côté thriller qui en fait son charme.
Le livre a en apparence une langue très simple, très centrée sur l’action. Pourtant, l’auteur arrive à faire vivre son texte, notamment les sentiments de ses personnages, en faisant varier le rythme des phrases, des dialogues, en ne donnant aussi les informations qu’au détour de phrases, obligeant son lecteur à être attentif (d’un côté, le livre ne fait que 100 pages). Comme toujours aux Éditions de Minuit, on admire la maîtrise dans la brièveté ! show less
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