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C. Singer

Author of Les Sept Nuits de la reine

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Works by C. Singer

Les Sept Nuits de la reine (2002) 8 copies, 1 review
Identity Thief (2022) 7 copies
Slave on the Seas (2023) 5 copies
Yemen (2003) 2 copies
Betrayal (2024) 2 copies
Comrad Kogan (2025) 2 copies
LA PETITE MUSIQUE (2000) 1 copy

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> Babelio : https://www.babelio.com/livres/Singer-Les-sept-nuits-de-la-reine/69460
> Critiques Libres : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/3730
> Voir un extrait : https://books.google.fr/books?id=Vgfkh2zIjzIC&hl=fr&printsec=frontcover&...

> « LES SEPT NUITS DE LA REINE », DE CHRISTIANE SINGER
LE MYSTÈRE DE LA VIE, par Mélanie Saint-Hilaire. — Telles les billes d’un collier, les jours d'une vie sont montés sur un fil invisible. Qu'est-ce qui coud ensemble les mille événements show more de notre destin ? Qu'est-ce qui en fait émerger le sens ? « Je crois le savoir désormais : c'est la nuit, la face cachée aux regards », dit Livia. La nouvelle héroïne de l'écrivaine française Christiane Singer, qui met en lumière dans Les Sept Nuits de lu reine l'harmonie d'une existence zébrée de tourmentes.
« Vous m'avez demandé d'écrire le récit de ma vie. Une prière innocente pleine d'amicale sollicitude et que je me suis bien gardée d'exaucer. L'idée m'est venue de faire tout autre chose : et comme j'en ai eu de la joie, j'y ai vu une sorte de garantie de vous en donner peut-être aussi… »
Ainsi commence le récit de Livia, fille d'une sublime aristocrate et d'un résistant assassiné par les nazis, emportée dans la vie comme dans une tempête. Et voilà que déferlent ses souvenirs, nuit après nuit. D'abord, la mort de sa mère, maintenant âgée, jadis « éthérée et déchirante, la beauté même », traversant l’Europe en ruines pour embrasser une dernière fois son amant bientôt fusillé. Puis la solitude de son enfance. Le baiser de son premier amant, le décès de son mari, la maladie fatale de son fils, atteint de leucémie. Naufrages et résurrections.
« Ce livre est le miracle de ma vie », lance la romancière, à l'aube de la soixantaine, avec un sourire en prière de gratitude. Elle qui prend d'ordinaire trois années pour terminer un ouvrage a écrit celui-ci en six semaines. « Il est venu comme un oiseau faire son nid dans mon arbre… »
Christiane Singer parle comme elle écrit, avec une profusion d'images, de phrases denses, de tournures surannées qui ravissent l'oreille. La fadeur la terrifie, dit-elle. Cela s'entend.
Elle se verse une tasse de thé, tend une main gourmande vers la coupe de fruits posée sur la table de l'hôtel Dominion. Elle choisit une baie cachée dans une peau fripée et translucide. Une cerise de terre. « Un fruit de chez vous ? C'est délicieux ! Vous croyez que ça pousserait chez moi ? »
Chez elle, c'est en Autriche, dans un village où cette Marseillaise d'origine habite le château ancestral de son mari, le comte Thurn-Valsassina. « Un endroit glacial, qu'on a transformé grâce à notre travail », dit-elle. Là, cette ancienne professeure de littérature enseigne la Leibtherapie, forme de méditation zen, à des gens en quête de sens et d'identité. Leur présence nourrit son œuvre, qui comprend aussi bien des essais (Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies, 2000) que des romans (Une passion, son ouvrage préféré, paru en 1992).
« Des affaires de bonne femme », ronchonnait un ami en parcourant sa bibliographie. Singer n'en rougirait pas. Elle ne craint aucune forme d'innocence. « Je vais faire sourire, n'est-ce pas, par ma naïveté ? Oserai-je vous dire que cela me rassure ? Accordez-moi, je vous prie, que c'est le propre même du versant secret du monde de n'être pas au goût du jour », formule sa Livia.
COMME COELHO
Le versant secret. L'invisible, l'insaisissable. Singer appartient à la race des écrivains porteurs d'une authentique spiritualité, un peu comme le Portugais Paulo Coelho. Dieu merci, elle ne donne pas de leçons, aucune recette de bonheur. Mais tous ses livres traduisent sa quête de la présence divine sur Terre et du moyen d'y faire écho. « L'homme sort de cette dépendance millénaire où on lui dictait ce qu'il devait croire. Il se risque dans la création d'une église intérieure. Nous sommes tous appelés à devenir des mystiques, des aventuriers du réel… »
Elle regarde par la fenêtre la neige folle qui virevolte. « Quand je regarde ces flocons qui tombent et se dissolvent en touchant la terre, une porte s’ouvre. Ça me libère de l'abcès d'être moi-même. »
Singer à cette gravité qui rend léger comme une plume. Elle qui rencontre tant de désespérés en ressort avec une foi affermie en l'existence. « Le malheur, c'est la pente naturelle, dit-elle en riant. Il faut poser chaque jour de neuf son alliance avec la vie. »
Et de conter une histoire. Une femme, son enfant mort dans les bras, va voir Bouddha et lui dit : Toi qui es grand, fais quelque chose, car ma douleur est insoutenable. Je redonnerai la vie à ton enfant, répond-il, lorsque tu m'auras rapporté huit grains de moutarde ; mais trouve-les dans des familles qui ne connaissent pas le deuil. La femme se met en route. Après avoir visité tous les foyers de la ville, elle revient voir Bouddha et lui rend grâce. Elle a compris que personne n'ignore la douleur de la mort.
« Après avoir terminé Les Sept Nuits de la reine, je me suis rendu compte que j'avais réécrit le récit initiatique de cette première nonne bouddhiste, dit-elle. L’héroïne comprend la nature du réel : tout n'est qu'évanescence. Il n'y a rien à défendre. Tout l’art consiste à se laisser porter par le mystère de la vie. »
Ce mystère de la vie, pour Singer, c'est la nuit. La part féminine de la journée. L'ombre, celle de la terre où germe la graine, celle du ventre où naît l'enfant. « On est une société de violeurs ; on fracasse les coffres-forts du monde, dit-elle sans colère. On veut tout comprendre, tout disséquer. Or, il y a toute une part du monde qui est inconnaissable… »
LE DÉTAIL
Et c'est justement cette part qui cimente nos existences, qui leur donne un sens. Souvent, les personnages de Singer redécouvrent ce miracle de vivre par un détail : le souvenir d'un ourson élimé avec de la feutrine sous les pattes. L'odeur d'un lit tiède un matin de paresse. « La tendresse, dans une vie, c'est tellement menu. Mais quand vous la retrouvez, vous êtes ressuscité. Les gens d'aujourd'hui ont l'impression que tout leur est dû, mais tout est cadeau ! Chaque respiration ! Il faut recontacter l’infiniment petit. »
Les gens sont nourris de tant de noirceur, poursuit-elle, qu'ils deviennent des mangeurs d'excréments. En guise d’antidote, l’écrivaine collectionne les histoires d'amour et de beauté. Peu importe qu'elles semblent infimes. « Je cherche, comme les truffiers, ce qui ravive l’espoir. »
Dans Les Sept Nuits de la reine, quand Berlin tombe en ruine, à la fin de la guerre, une jeune fofolle, passant devant une boutique ayant échappé aux bombardements de la dernière nuit, entre et s'achète un chapeau à rubans…
Dans son prochain ouvrage, un récit sur la « bibliothèque intérieure », Christiane Singer rendra hommage aux livres qui l'ont marquée : ceux de Flaubert, Stendhal, Herman Melville, Katherine Mansfield. On y trouvera sûrement aussi les Contes des mille et une nuits. Enfant, l’auteure adorait la narratrice, Shéhérazade. « Grâce à elle, j'ai appris comment reculer l'échéance du bourreau. En racontant des histoires. » — Mélanie SAINT-HILAIRE
—BAnQ (Saint-Hilaire M., Le soleil, 2 mars 2003) : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3172358
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