Roger Godel
Author of Socrate et le sage indien : cheminements vers la sagesse
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> Babelio : https://www.babelio.com/livres/Godel-Un-compagnon-de-Socrate-Dialogues-sur-lexpe...
> Le Docteur Roger Godel fondateur d'une épistémologie axée sur la connaissance de soi (voir 3e millénaire n°2 au n°9), fit œuvre de pionnier par son livre L'Expérience Libératrice (réédité aux Ed. Présence), en joignant, à la connaissance scientifique, sa propre démarche expérientielle de l'Eveil.
En présence du Sage, de grands problèmes surgissent qu’aucun homme, à certain show more moment critique de sa vie, ne peut manquer de se poser.
Dans son ouvrage “Un compagnon de Socrate - Dialogue sur l’Expérience Libératrice” (1956 - épuisé), Roger Godel présente ces problèmes sous la forme vivante de dialogues à plusieurs voix ; l’une d’elle domine de haut le débat sous le nom grec de Menon, cet étrange personnage que Socrate éveilla à la Vérité. Éveillé, il sollicite à son tour chez ses interlocuteurs l'anamnèse : le témoignage d’une évidence cachée sous les brumes de l’oubli.
Notre peur de la mort serait-elle seulement la conséquence d’une illusion ? un sophisme ? un épouvantail sans consistance qu’une haute raison démasque et dissipe ?
Ce mystérieux Menon, l’homme sur qui Socrate déchargea le “choc de la torpille”, envisage ici ce problème à la clarté de l’Éveil. show less
> Le Docteur Roger Godel fondateur d'une épistémologie axée sur la connaissance de soi (voir 3e millénaire n°2 au n°9), fit œuvre de pionnier par son livre L'Expérience Libératrice (réédité aux Ed. Présence), en joignant, à la connaissance scientifique, sa propre démarche expérientielle de l'Eveil.
En présence du Sage, de grands problèmes surgissent qu’aucun homme, à certain show more moment critique de sa vie, ne peut manquer de se poser.
Dans son ouvrage “Un compagnon de Socrate - Dialogue sur l’Expérience Libératrice” (1956 - épuisé), Roger Godel présente ces problèmes sous la forme vivante de dialogues à plusieurs voix ; l’une d’elle domine de haut le débat sous le nom grec de Menon, cet étrange personnage que Socrate éveilla à la Vérité. Éveillé, il sollicite à son tour chez ses interlocuteurs l'anamnèse : le témoignage d’une évidence cachée sous les brumes de l’oubli.
Notre peur de la mort serait-elle seulement la conséquence d’une illusion ? un sophisme ? un épouvantail sans consistance qu’une haute raison démasque et dissipe ?
Ce mystérieux Menon, l’homme sur qui Socrate déchargea le “choc de la torpille”, envisage ici ce problème à la clarté de l’Éveil. show less
May 17, 2020 (Edited)French
> Babelio : https://www.babelio.com/livres/Godel-Socrate-et-le-Sage-indien--Cheminements-ver...
> Godel R.. De Socrate au Sage indien.
In: Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, n°11, décembre 1952. pp. 3-21. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1952_num_11_4_5034
> Venant de l’auteur des célèbres « Essais sur l’expérience libératrice », ce livre ne surprendra pas : le Docteur Godel s’est en effet attaché à montrer les show more constantes de la sagesse à travers les différences culturelles, en particulier l’universalité de la relation d’enseignement spirituel. Non seulement il est parlé du maître, de ses aspects parfois déconcertants, mais les disciples aussi sont bien présents, et leurs réactions sont longuement analysées. Car c’est bien Platon, Phédon, Apollodore, Chéréphon, Alcibiade .... qui ont élu Socrate comme maître à penser, maître à aimer, maître à vivre. L'auteur rappelle ici aux Occidentaux l’une des racines fondamentales de leur conscience, l’extraordinaire apogée de la connaissance de soi dans les écoles philosophiques grecques des V° et IV° siècles avant Jésus-Christ.
—Revue Française de Yoga, (1), Janv. 1990
> SOCRATE ET LE SAGE INDIEN, de Roger Godel, (Editions des Belles Lettres, Paris). — Ce livre m’a retenue longtemps auprès de lui. Il est riche, composé en fait de quatre essais, qui devaient être à l’origine indépendants, et qu’un même souffle relie, celui qui s’exprime dans une citation de Shrî Krishna Menon placée en exergue du premier de ces essais :
« Man’s duty is to attain libération from this bondage and that is gained by knowing his true nature and establishing himself in it. »
La connaissance à laquelle nous convie la sagesse grecque est celle-là même :
« elle a sa place, … par delà les catégories de la dualité, par delà celles de l’un et du multiple, au centre ontologique de l’homme. Accéder, par une expérience de la plus profonde intériorité, à ce centre de soi-même, puis s’y établir en permanence, c’est à cela que tend la recherche socratique du “gnôthi seauton” ».
« La tâche de l’homme est de se libérer de l’esclavage ; il y parvient par une connaissance de sa vraie nature, en laquelle il s’établit ».
Adage grec signifiant : « connais-toi toi-même ».
Celui qui a accès à ce centre, le sage, ne peut en donner une formulation verbale au risque de le limiter et de trahir sa nature, mais il peut — et là sans doute est son rôle — « faire surgir en ses auditeurs la raison transcendante qui les rend perméables à la connaissance ». Par des itinéraires que le génie de chaque peuple, comme celui de chaque individu, peut diversifier à l’extrême, le sage, qu’il soit de Grèce ou d’Orient, peut alors, pour reprendre les mots de l’auteur, poser son disciple au-delà des ombres du rêve, sur le seuil de l’immuable où il laisse l’expérience se consommer d’elle-même. Ainsi faisait Socrate, ainsi faisait le sage des Upanishads.
Une même certitude enthousiaste parcourt les quatre essais de l’ouvrage, celle de la ressemblance entre ces deux figures. Pour l’exprimer, une langue riche dont chaque mot est comme le centre d’un soleil vers lequel convergent les rayons d’un savoir infiniment plus large. On a envie, besoin, de s’arrêter, de suivre ces rayons qui nous promènent au travers des paysages, des argumentations, des personnages qui sont la matière des dialogues platoniciens. Il faut du temps pour aimer ce livre, il faut aussi, je pense, avoir quelque peu côtoyé les textes grecs. Langue riche, magicienne, qui nous replonge dans l’univers socratique et qui, au coeur de cet univers grec, dresse parfois, audacieuse, la silhouette hypothétique d’un sage des Upanishads. Emporté par l’enthousiasme, Roger Godel rêve-t-il ? Non, pas exactement, car alors, tel les enfants dans leurs yeux, il se surprend à parler au conditionnel et nous prenons vite goût, plongés dans ces scènes qui nous sont offertes en cadeau, à ces finales du potentiel ou de l’irréel, à ces « peut-être », à ces interrogations qui nous bercent entre le rêve et la réalité.
Avec le dernier essai, le quatrième, nous laissons un peu Socrate pour suivre son plus cher disciple dans un voyage que celui-ci aurait peut-être fait dans l’univers de l’architecte métaphysicien, grand-prêtre du soleil, Imhotep, à Héliopolis. Le paysage grec cède la place à celui de la ville égyptienne où Platon trouvera peut-être, dans le dialogue muet entre la pierre et le soleil, la réponse à l’énigme de l’apparente antinomie de la vie et de la mort.
Socrate, dans sa prison, à l’aube du grand passage, n’avait-il pas déjà dit : « la Grèce est grande, elle renferme des hommes de mérite. Nombreux aussi sont les pays étrangers ! Parmi tous ces gens, cherchez avec soin l’incomparable enchanteur, celui dont les enchantements dissiperont, chez l’enfant qui demeure en vous, la peur de mourir ». L’incomparable enchanteur ne serait-il pas précisément ce livre de pierre, matériau impérissable bâti par Imhotep, où Platon dut peut-être lire, en écho troublant à la pensée et à la vie du maître aimé, l’unique réponse à l’énigme de la mort ?
« Au soir, le disque descend à la source de vie qui le recueille dans l’allégresse, l’absorbe… ses rayons replient leurs pointes à l’instant où les lotus se ferment pour la nuit… S’il se perd, c’est dans son propre coeur, — au coeur de la Connaissance — qu’il tombe. Redevenu lui-même, antérieur à la Création, il se suffit. Pure connaissance, il inclut tout ».
Les entretiens de Socrate sur la mort conduisaient à une descente semblable vers le coeur du savoir : quiconque aime la sagesse, fait de la mort sa grande occupation. Il se ramène de tous les points du corps, se délie, se ramasse jusqu’à ce qu’il ait atteint ce dont il est épris. Voilà où le mène sa persévérante recherche : à mourir, à être mort dans cette immersion au coeur de la vie.
Tel est Socrate et le Sage Indien de Roger Godel. Si la Grèce vous parle ou vous a un jour parlé, lisez-le, accordez-lui toute votre attention ; ne négligez aucune des notes que le livre vous offre à profusion : elles ouvrent parfois des portes sur la compréhension profonde. Ainsi, selon l’étymologie alétheia « la vérité », terme du cheminement intérieur de l’homme, n’est autre que « ce qui est tiré de l’oubli ». Peut-on rêver invitation plus claire à la connaissance de soi, à la connaissance du Soi ? (Bernadette ABADIE)
—Revue Française de Yoga, n° 31 (Ancienne série) Hiver 1987 show less
> Godel R.. De Socrate au Sage indien.
In: Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, n°11, décembre 1952. pp. 3-21. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/bude_1247-6862_1952_num_11_4_5034
> Venant de l’auteur des célèbres « Essais sur l’expérience libératrice », ce livre ne surprendra pas : le Docteur Godel s’est en effet attaché à montrer les show more constantes de la sagesse à travers les différences culturelles, en particulier l’universalité de la relation d’enseignement spirituel. Non seulement il est parlé du maître, de ses aspects parfois déconcertants, mais les disciples aussi sont bien présents, et leurs réactions sont longuement analysées. Car c’est bien Platon, Phédon, Apollodore, Chéréphon, Alcibiade .... qui ont élu Socrate comme maître à penser, maître à aimer, maître à vivre. L'auteur rappelle ici aux Occidentaux l’une des racines fondamentales de leur conscience, l’extraordinaire apogée de la connaissance de soi dans les écoles philosophiques grecques des V° et IV° siècles avant Jésus-Christ.
—Revue Française de Yoga, (1), Janv. 1990
> SOCRATE ET LE SAGE INDIEN, de Roger Godel, (Editions des Belles Lettres, Paris). — Ce livre m’a retenue longtemps auprès de lui. Il est riche, composé en fait de quatre essais, qui devaient être à l’origine indépendants, et qu’un même souffle relie, celui qui s’exprime dans une citation de Shrî Krishna Menon placée en exergue du premier de ces essais :
« Man’s duty is to attain libération from this bondage and that is gained by knowing his true nature and establishing himself in it. »
La connaissance à laquelle nous convie la sagesse grecque est celle-là même :
« elle a sa place, … par delà les catégories de la dualité, par delà celles de l’un et du multiple, au centre ontologique de l’homme. Accéder, par une expérience de la plus profonde intériorité, à ce centre de soi-même, puis s’y établir en permanence, c’est à cela que tend la recherche socratique du “gnôthi seauton” ».
« La tâche de l’homme est de se libérer de l’esclavage ; il y parvient par une connaissance de sa vraie nature, en laquelle il s’établit ».
Adage grec signifiant : « connais-toi toi-même ».
Celui qui a accès à ce centre, le sage, ne peut en donner une formulation verbale au risque de le limiter et de trahir sa nature, mais il peut — et là sans doute est son rôle — « faire surgir en ses auditeurs la raison transcendante qui les rend perméables à la connaissance ». Par des itinéraires que le génie de chaque peuple, comme celui de chaque individu, peut diversifier à l’extrême, le sage, qu’il soit de Grèce ou d’Orient, peut alors, pour reprendre les mots de l’auteur, poser son disciple au-delà des ombres du rêve, sur le seuil de l’immuable où il laisse l’expérience se consommer d’elle-même. Ainsi faisait Socrate, ainsi faisait le sage des Upanishads.
Une même certitude enthousiaste parcourt les quatre essais de l’ouvrage, celle de la ressemblance entre ces deux figures. Pour l’exprimer, une langue riche dont chaque mot est comme le centre d’un soleil vers lequel convergent les rayons d’un savoir infiniment plus large. On a envie, besoin, de s’arrêter, de suivre ces rayons qui nous promènent au travers des paysages, des argumentations, des personnages qui sont la matière des dialogues platoniciens. Il faut du temps pour aimer ce livre, il faut aussi, je pense, avoir quelque peu côtoyé les textes grecs. Langue riche, magicienne, qui nous replonge dans l’univers socratique et qui, au coeur de cet univers grec, dresse parfois, audacieuse, la silhouette hypothétique d’un sage des Upanishads. Emporté par l’enthousiasme, Roger Godel rêve-t-il ? Non, pas exactement, car alors, tel les enfants dans leurs yeux, il se surprend à parler au conditionnel et nous prenons vite goût, plongés dans ces scènes qui nous sont offertes en cadeau, à ces finales du potentiel ou de l’irréel, à ces « peut-être », à ces interrogations qui nous bercent entre le rêve et la réalité.
Avec le dernier essai, le quatrième, nous laissons un peu Socrate pour suivre son plus cher disciple dans un voyage que celui-ci aurait peut-être fait dans l’univers de l’architecte métaphysicien, grand-prêtre du soleil, Imhotep, à Héliopolis. Le paysage grec cède la place à celui de la ville égyptienne où Platon trouvera peut-être, dans le dialogue muet entre la pierre et le soleil, la réponse à l’énigme de l’apparente antinomie de la vie et de la mort.
Socrate, dans sa prison, à l’aube du grand passage, n’avait-il pas déjà dit : « la Grèce est grande, elle renferme des hommes de mérite. Nombreux aussi sont les pays étrangers ! Parmi tous ces gens, cherchez avec soin l’incomparable enchanteur, celui dont les enchantements dissiperont, chez l’enfant qui demeure en vous, la peur de mourir ». L’incomparable enchanteur ne serait-il pas précisément ce livre de pierre, matériau impérissable bâti par Imhotep, où Platon dut peut-être lire, en écho troublant à la pensée et à la vie du maître aimé, l’unique réponse à l’énigme de la mort ?
« Au soir, le disque descend à la source de vie qui le recueille dans l’allégresse, l’absorbe… ses rayons replient leurs pointes à l’instant où les lotus se ferment pour la nuit… S’il se perd, c’est dans son propre coeur, — au coeur de la Connaissance — qu’il tombe. Redevenu lui-même, antérieur à la Création, il se suffit. Pure connaissance, il inclut tout ».
Les entretiens de Socrate sur la mort conduisaient à une descente semblable vers le coeur du savoir : quiconque aime la sagesse, fait de la mort sa grande occupation. Il se ramène de tous les points du corps, se délie, se ramasse jusqu’à ce qu’il ait atteint ce dont il est épris. Voilà où le mène sa persévérante recherche : à mourir, à être mort dans cette immersion au coeur de la vie.
Tel est Socrate et le Sage Indien de Roger Godel. Si la Grèce vous parle ou vous a un jour parlé, lisez-le, accordez-lui toute votre attention ; ne négligez aucune des notes que le livre vous offre à profusion : elles ouvrent parfois des portes sur la compréhension profonde. Ainsi, selon l’étymologie alétheia « la vérité », terme du cheminement intérieur de l’homme, n’est autre que « ce qui est tiré de l’oubli ». Peut-on rêver invitation plus claire à la connaissance de soi, à la connaissance du Soi ? (Bernadette ABADIE)
—Revue Française de Yoga, n° 31 (Ancienne série) Hiver 1987 show less
Aug 3, 2020 (Edited)French
> Babelio : https://www.babelio.com/livres/Godel-Essais-sur-lexperience-liberatrice/315308
> BAnQ (L'Annuaire théâtral, No 19-20 | Printemps-automne 1996) : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/book/52327/4147038?docref=iIp8bIlG1LuuH1...
> 3e millénaire : https://www.revue3emillenaire.com/blog/category/auteurs-g/r-godel/
> « Nous sommes accoutumés à ne saisir dans le champ
de notre observation que les aspects déjà structurés,
conditionnés de la conscience : formes de pensée, show more paroles,
images, sensations. Ne connaissant rien, par expérience,
qui soit d’un autre ordre, nous refusons de situer le conscient
dans ce qui paraît inconscient. Aussi nous attendons-nous
à retrouver, dans le plan profond qui transcende la dualité,
un état quelque peu semblable à celui que nous espérons
dépasser : une fonction informante, une expérience sensible,
mais toutefois sublimée et spiritualisée à l’extrême.
Or, la vérité est tout autre … beaucoup de mystiques inclinent
vers cette erreur d’orientation …
Il en résulte une méconnaissance de la nature ultra-mentale
et singulière dont est faite l’expérience de l’intemporel,
cette réalisation de l’inconditionné dans l’état simple. »
—Roger Godel, Essais sur l’expérience Libératrice (1952),
réédition, Almora.
> Febvre Lucien. Roger Godel, Essais sur l 'expérience libératrice.
In: Annales. Economies, sociétés, civilisations. 8ᵉ année, N. 1, 1953. p. 122. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1953_num_8_1_2150_t1_0122_0000_1
> Burgelin Pierre. Roger Godel, Essais sur l'expérience libératrice. Paris, Gallimard, 1952.
In: Revue d'histoire et de philosophie religieuses, 33e année n°3,1953. pp. 276-277. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_1953_num_33_3_3348_t1_0276_0000_3
> ESSAIS SUR L'EXPÉRIENCE LIBÉRATRICE, par Roger Godel, Editions Almora Mai 2008 - 12 € - 350 pages. — L'auteur (1898-1961) est écrivain, philosophe, mystique, helléniste et médecin cardiologue. Il a écrit cet ouvrage original dans les années cinquante. Epuisé à plusieurs reprises depuis la première édition parue en 1952 et préfacée par Mircea Eliade, puis sa réédition en 1976, il est à nouveau réédité cette année par les éditions Almora.
Développer une approche scientifique de l'éveil sans en dénaturer l'expérience ésotérique intime était plus qu'une gageure à l'époque et le reste sans doute aujourd'hui. C'est toute l'actualité de l'ouvrage dont le sujet est mis en perspective dès l'avant-propos : " A la lumière des recherches récentes, combien profondément se sont transformés les concepts de matière, d'énergie, de temps, d'espace, de causalité et de loi ". L'auteur appelle le psychologue à une exaltation du niveau de conscience telle que les savants l'ont connue pour accéder à la compréhension de la structure intime de l'atome ; " A ce prix seulement, il lui sera donné de découvrir la structure entière de la psyché et l'axe de gravitation autour duquel elle s'ordonne ". Ne faisons fi d'aucun questionnement, d'aucune approche pourvu qu'il soit rigoureusement scientifique.
À ce titre, l'auteur inclut parmi les différentes approches les investigations de la parapsychologie, de la biologie, de la physique, de l'histoire comparée des religions et de la mythologie. Mais Roger Godel montre les limites de la science et l'incontournable intervention de la sagesse, expérience selon lui irréductible à toute comparaison.
C'est un ouvrage difficile, surprenant, envoûtant. Une fois commencée la lecture, comment l'interrompre ? Difficile, mais jamais rébarbatif, tant l'auteur, d'une écriture simple, accroche le lecteur, convoquant la diversité des sources de connaissances et de sagesse, de l'Antiquité à nos jours, pour faire converger la réflexion vers le centre, l'unité de l'être, l'expérience libératrice. L'avant-dernier chapitre est un entretien consacré aux états de veille, de rêve et de sommeil profond, entre un psychologue occidental et un psychologue indien. Cet échange, très pédagogique, met en lumière les différences de représentation en occident et en orient, de nos veilles et sommeil.
Essais sur l'expérience libératrice est une somme dans laquelle on se plonge et voyage au gré de notre curiosité par elle éveillée, de nos besoins, tantôt revenant en arrière, tantôt le reprenant sur un point particulier … on le relit… un livre pour long-temps ! (Gilbert GIESELER)
—Infos Yoga, (69), Octobre 2008, (pp. 40-41)
> « Aucun pont ne joint les démarches de l’esprit captif de la dualité et l’Ultime expérience. De l’une à
l’autre, qu’on veuille nous pardonner l’absurdité de ce langage, il n’existe ni degré ni passerelle. Rupture
totale du niveau de conscience. Une réalité absolument neuve et incommensurable au monde se
manifeste ; aucune expression verbale n’en saurait rendre compte. »
—Roger Godel, Essais sur l’expérience Libératrice (1952),
réédition, Almora.
> ESSAIS SUR L'EXPÉRIENCE LIBÉRATRICE, de Roger Godel. — Nous saluons la réédition de ce magnifique ouvrage de Roger Godel, depuis longtemps introuvable sauf par chance chez de rares bouquinistes. Car Roger Godel décrit merveilleusement ce qui touche au numineux, à l’éveil. C’est son expérience propre qui lui permet cette profondeur, ce dynamisme lumineux et posé de l’écriture qui semble prendre son envol d’une source mystérieuse. Essais sur l’expérience libératrice : c’est en médecin, en scientifique, en humaniste, que Roger Godel cherche à décrire la libération. « L’expérience libératrice » loin d’exclure l’homme de son humanité, l’y confirme en la réalisant. Elle l’établit dans ce qu’il est. » L’auteur explore les dimensions de l’éveil, en décrit les contours, en cherchant à être aussi factuel que possible, « scientifique ». Il est indispensable que la science, et en particulier la psychologie, étende ses questionnements vers ces dimensions qui se situent hors du fonctionnement ordinaire de la psyché. L’auteur pénètre dans le détail de ce qu’il nomme la « psychobiologie de la dualité » mais aussi le « principe d’intégration dans l’unité : dynamisme de la fonction régulatrice »… Tout étudiant en philosophie devrait avoir lu cet ouvrage, tout chercheur en sciences cognitives devrait l’avoir étudié. C’est en effet un texte méditatif, qui vise plus le lecteur dans ce qu’il Est que dans ce qu’il sait, et c’est de l’Être sans le rejet du savoir dont nous avons vivement besoin aujourd’hui. La sagesse, qui n’exclut ici surtout pas la science, ne se nourrit pas d’informations mais d’attention, afin que se résolve, dans « l’Impersonnalité de la conscience », le jeu de la dualité. Ed. Almora, 2008. 348 p.
—3ᵉ millénaire, (89), Automne 2008
> Roger Godel (1898-1961), médecin cardiologue et philosophe, a su réconcilier les philosophies indienne et hellénique, et plus exactement les sagesses de l'advaïta vedanta et de Socrate selon Platon.
C’est en Inde qu’il recueillit l’enseignement non dualiste, principalement auprès de Krishna Menon, guide de nombreux occidentaux en quête de vérité, mais aussi de Ramana Maharshi qu’il rencontra dans le silence. Un hommage collectif lui a été rendu en 1963 par la publication, aux Belles Lettres, de Roger Godel : de l’humanisme à l’humain.
« En fait, lorsque s’éveille dans sa spontanéité l’expérience réelle, la psyché capitule d’elle-même et se résout en conscience. Aucun effort n’est intervenu. La conscience règne à l’état pur. ».
Son ouvrage phare, L’expérience libératrice, réédité par les éditions Almora, témoigne à la fois d’une approche scientifique et spirituelle. En cela, Roger Godel reste un pionnier du troisième millénaire, découvrant l’importance de l’épistémologie - terme qu’il affectionnait particulièrement. Cette dernière conduisant à l’étude directe de la conscience par elle-même – c’est-à-dire à l’Eveil.
Stephen Jourdain (1931-2009), écrivain dont l’œuvre se consacre à l’éveil, trouva en Roger Godel l’ami spirituel avec qui sa découverte de l’Eveil s’orientera vers plus de précision.
—3ᵉ millénaire, (100), Été 2011 show less
> BAnQ (L'Annuaire théâtral, No 19-20 | Printemps-automne 1996) : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/book/52327/4147038?docref=iIp8bIlG1LuuH1...
> 3e millénaire : https://www.revue3emillenaire.com/blog/category/auteurs-g/r-godel/
> « Nous sommes accoutumés à ne saisir dans le champ
de notre observation que les aspects déjà structurés,
conditionnés de la conscience : formes de pensée, show more paroles,
images, sensations. Ne connaissant rien, par expérience,
qui soit d’un autre ordre, nous refusons de situer le conscient
dans ce qui paraît inconscient. Aussi nous attendons-nous
à retrouver, dans le plan profond qui transcende la dualité,
un état quelque peu semblable à celui que nous espérons
dépasser : une fonction informante, une expérience sensible,
mais toutefois sublimée et spiritualisée à l’extrême.
Or, la vérité est tout autre … beaucoup de mystiques inclinent
vers cette erreur d’orientation …
Il en résulte une méconnaissance de la nature ultra-mentale
et singulière dont est faite l’expérience de l’intemporel,
cette réalisation de l’inconditionné dans l’état simple. »
—Roger Godel, Essais sur l’expérience Libératrice (1952),
réédition, Almora.
> Febvre Lucien. Roger Godel, Essais sur l 'expérience libératrice.
In: Annales. Economies, sociétés, civilisations. 8ᵉ année, N. 1, 1953. p. 122. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1953_num_8_1_2150_t1_0122_0000_1
> Burgelin Pierre. Roger Godel, Essais sur l'expérience libératrice. Paris, Gallimard, 1952.
In: Revue d'histoire et de philosophie religieuses, 33e année n°3,1953. pp. 276-277. … ; (en ligne),
URL : https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_1953_num_33_3_3348_t1_0276_0000_3
> ESSAIS SUR L'EXPÉRIENCE LIBÉRATRICE, par Roger Godel, Editions Almora Mai 2008 - 12 € - 350 pages. — L'auteur (1898-1961) est écrivain, philosophe, mystique, helléniste et médecin cardiologue. Il a écrit cet ouvrage original dans les années cinquante. Epuisé à plusieurs reprises depuis la première édition parue en 1952 et préfacée par Mircea Eliade, puis sa réédition en 1976, il est à nouveau réédité cette année par les éditions Almora.
Développer une approche scientifique de l'éveil sans en dénaturer l'expérience ésotérique intime était plus qu'une gageure à l'époque et le reste sans doute aujourd'hui. C'est toute l'actualité de l'ouvrage dont le sujet est mis en perspective dès l'avant-propos : " A la lumière des recherches récentes, combien profondément se sont transformés les concepts de matière, d'énergie, de temps, d'espace, de causalité et de loi ". L'auteur appelle le psychologue à une exaltation du niveau de conscience telle que les savants l'ont connue pour accéder à la compréhension de la structure intime de l'atome ; " A ce prix seulement, il lui sera donné de découvrir la structure entière de la psyché et l'axe de gravitation autour duquel elle s'ordonne ". Ne faisons fi d'aucun questionnement, d'aucune approche pourvu qu'il soit rigoureusement scientifique.
À ce titre, l'auteur inclut parmi les différentes approches les investigations de la parapsychologie, de la biologie, de la physique, de l'histoire comparée des religions et de la mythologie. Mais Roger Godel montre les limites de la science et l'incontournable intervention de la sagesse, expérience selon lui irréductible à toute comparaison.
C'est un ouvrage difficile, surprenant, envoûtant. Une fois commencée la lecture, comment l'interrompre ? Difficile, mais jamais rébarbatif, tant l'auteur, d'une écriture simple, accroche le lecteur, convoquant la diversité des sources de connaissances et de sagesse, de l'Antiquité à nos jours, pour faire converger la réflexion vers le centre, l'unité de l'être, l'expérience libératrice. L'avant-dernier chapitre est un entretien consacré aux états de veille, de rêve et de sommeil profond, entre un psychologue occidental et un psychologue indien. Cet échange, très pédagogique, met en lumière les différences de représentation en occident et en orient, de nos veilles et sommeil.
Essais sur l'expérience libératrice est une somme dans laquelle on se plonge et voyage au gré de notre curiosité par elle éveillée, de nos besoins, tantôt revenant en arrière, tantôt le reprenant sur un point particulier … on le relit… un livre pour long-temps ! (Gilbert GIESELER)
—Infos Yoga, (69), Octobre 2008, (pp. 40-41)
> « Aucun pont ne joint les démarches de l’esprit captif de la dualité et l’Ultime expérience. De l’une à
l’autre, qu’on veuille nous pardonner l’absurdité de ce langage, il n’existe ni degré ni passerelle. Rupture
totale du niveau de conscience. Une réalité absolument neuve et incommensurable au monde se
manifeste ; aucune expression verbale n’en saurait rendre compte. »
—Roger Godel, Essais sur l’expérience Libératrice (1952),
réédition, Almora.
> ESSAIS SUR L'EXPÉRIENCE LIBÉRATRICE, de Roger Godel. — Nous saluons la réédition de ce magnifique ouvrage de Roger Godel, depuis longtemps introuvable sauf par chance chez de rares bouquinistes. Car Roger Godel décrit merveilleusement ce qui touche au numineux, à l’éveil. C’est son expérience propre qui lui permet cette profondeur, ce dynamisme lumineux et posé de l’écriture qui semble prendre son envol d’une source mystérieuse. Essais sur l’expérience libératrice : c’est en médecin, en scientifique, en humaniste, que Roger Godel cherche à décrire la libération. « L’expérience libératrice » loin d’exclure l’homme de son humanité, l’y confirme en la réalisant. Elle l’établit dans ce qu’il est. » L’auteur explore les dimensions de l’éveil, en décrit les contours, en cherchant à être aussi factuel que possible, « scientifique ». Il est indispensable que la science, et en particulier la psychologie, étende ses questionnements vers ces dimensions qui se situent hors du fonctionnement ordinaire de la psyché. L’auteur pénètre dans le détail de ce qu’il nomme la « psychobiologie de la dualité » mais aussi le « principe d’intégration dans l’unité : dynamisme de la fonction régulatrice »… Tout étudiant en philosophie devrait avoir lu cet ouvrage, tout chercheur en sciences cognitives devrait l’avoir étudié. C’est en effet un texte méditatif, qui vise plus le lecteur dans ce qu’il Est que dans ce qu’il sait, et c’est de l’Être sans le rejet du savoir dont nous avons vivement besoin aujourd’hui. La sagesse, qui n’exclut ici surtout pas la science, ne se nourrit pas d’informations mais d’attention, afin que se résolve, dans « l’Impersonnalité de la conscience », le jeu de la dualité. Ed. Almora, 2008. 348 p.
—3ᵉ millénaire, (89), Automne 2008
> Roger Godel (1898-1961), médecin cardiologue et philosophe, a su réconcilier les philosophies indienne et hellénique, et plus exactement les sagesses de l'advaïta vedanta et de Socrate selon Platon.
C’est en Inde qu’il recueillit l’enseignement non dualiste, principalement auprès de Krishna Menon, guide de nombreux occidentaux en quête de vérité, mais aussi de Ramana Maharshi qu’il rencontra dans le silence. Un hommage collectif lui a été rendu en 1963 par la publication, aux Belles Lettres, de Roger Godel : de l’humanisme à l’humain.
« En fait, lorsque s’éveille dans sa spontanéité l’expérience réelle, la psyché capitule d’elle-même et se résout en conscience. Aucun effort n’est intervenu. La conscience règne à l’état pur. ».
Son ouvrage phare, L’expérience libératrice, réédité par les éditions Almora, témoigne à la fois d’une approche scientifique et spirituelle. En cela, Roger Godel reste un pionnier du troisième millénaire, découvrant l’importance de l’épistémologie - terme qu’il affectionnait particulièrement. Cette dernière conduisant à l’étude directe de la conscience par elle-même – c’est-à-dire à l’Eveil.
Stephen Jourdain (1931-2009), écrivain dont l’œuvre se consacre à l’éveil, trouva en Roger Godel l’ami spirituel avec qui sa découverte de l’Eveil s’orientera vers plus de précision.
—3ᵉ millénaire, (100), Été 2011 show less
Nov 28, 2018 (Edited)French
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