
Roger Gilbert-Lecomte
Author of Black Mirror: The Selected Poems of Roger Gilbert-Lecomte
Works by Roger Gilbert-Lecomte
Quinine and Quarantine: Missouri Medicine through the Years (MISSOURI HERITAGE READERS) (2000) 20 copies, 1 review
Arthur Rimbaud 2 copies
L'horrible révélation, la seule... 2 copies
uvres complètes II - Poésie 1 copy
uvres complètes I - Proses 1 copy
Caves en plein ciel 1 copy
Sacra Nox !… 1 copy
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Gilbert-Lecomte and Le Grand Jeu represent a poetic territory as needed by the world today as it was a century ago.
> La Vie l'Amour la Mort le Vide et le Vent et autres textes, de Roger GILBERT-LECOMTE, Préface d'Antonin Artaud, choix et présentation de Zéno Bianu (Gallimard I 208 p. 17,10 €)
Se reporter au compte rendu de Alexandre MARE
In: Revue des Deux Mondes, (Mai 2015), pp. 184-185… ; (en ligne),
URL : https://drive.google.com/file/d/1Lz8ZLAaBS0SE7Ex6ZNLwfJu03QrJ07Mi/view?usp=shari...
Se reporter au compte rendu de Alexandre MARE
In: Revue des Deux Mondes, (Mai 2015), pp. 184-185… ; (en ligne),
URL : https://drive.google.com/file/d/1Lz8ZLAaBS0SE7Ex6ZNLwfJu03QrJ07Mi/view?usp=shari...
Oct 3, 2020French
> OEUVRES COMPLETES. Tome II, Poésie, de Roger GILBERT-LECOMTE (Gallimard).
Dans sa préface à ce deuxième tome des oeuvres de Gilbert-Lecomte, P. Minet écrit : « En dépit de sa noirceur, sa parole est de celles qui ramènent à l'Esprit, rappellent à l'homme ses vraies dimensions, et empêchent qu'il ne soit un mort vivant ».
Deux « poèmes »… :
L'HOMME DIEU
Certes dans l'Espace infini, l'orgueilleux Homme,
Vie éparse et superficielle de l'atome
Qu'on nomme Terre, n'est rien.
Rien… show more et cependant
L’Homme est Dieu, dans le sens physique, absolument.
Dieu par l'esprit aussi, puisque le Rêve crée,
Mais son corps même est Dieu, malgré tout son néant.
Si l'étoile est atome en la nuit éthérée
L'atome n'est-il pas un monde, également ?
Donc en l'Homme des mondes vibrent, et profonde
En lui la Vie énorme et formidable gronde
Sentir la Vie en soi, c'est se sentir un Dieu -
Intermédiaire de l'atome à l'astre en feu.
Parcelle du Dieu-Tout vers qui monte tout être.
Car l'esprit de Dieu c'est le Rêve originel
Exaltant la matière, où vint l'Homme apparaître -
Née autrefois en lui Géniteur éternel.
Toute matière est animée, et toute vie est Dieu :
Divinité qu'étoilée, infinie !
ICI - BAS…
Ici-bas, il n'est rien de réel : apparences
Toujours, - partout l'illusion, les sens, la foi.
Hallucinés. Et puis, réalité : les transes
De ceux qui vont mourir et comprendre pourquoi…
A quoi bon vivre avant la mort ? Elle est la vie.
Etant le Rêve. Mais l'informe mouvement
N'est rien : le coeur qui bat, les atomes tournant
Parmi l'éther qui vibre, et les mondes : néant.
O Niverna sans fin où l'Action s'oublie.
Où l'homme, pour toujours, songe impassiblement.
Tel le Dieu-Tout, celui qui rêva la matière,
L'immense Volonté, l'éternel Solitaire !
—L'Originel, (5), Mai-Juin 1978 show less
Dans sa préface à ce deuxième tome des oeuvres de Gilbert-Lecomte, P. Minet écrit : « En dépit de sa noirceur, sa parole est de celles qui ramènent à l'Esprit, rappellent à l'homme ses vraies dimensions, et empêchent qu'il ne soit un mort vivant ».
Deux « poèmes »… :
L'HOMME DIEU
Certes dans l'Espace infini, l'orgueilleux Homme,
Vie éparse et superficielle de l'atome
Qu'on nomme Terre, n'est rien.
Rien… show more et cependant
L’Homme est Dieu, dans le sens physique, absolument.
Dieu par l'esprit aussi, puisque le Rêve crée,
Mais son corps même est Dieu, malgré tout son néant.
Si l'étoile est atome en la nuit éthérée
L'atome n'est-il pas un monde, également ?
Donc en l'Homme des mondes vibrent, et profonde
En lui la Vie énorme et formidable gronde
Sentir la Vie en soi, c'est se sentir un Dieu -
Intermédiaire de l'atome à l'astre en feu.
Parcelle du Dieu-Tout vers qui monte tout être.
Car l'esprit de Dieu c'est le Rêve originel
Exaltant la matière, où vint l'Homme apparaître -
Née autrefois en lui Géniteur éternel.
Toute matière est animée, et toute vie est Dieu :
Divinité qu'étoilée, infinie !
ICI - BAS…
Ici-bas, il n'est rien de réel : apparences
Toujours, - partout l'illusion, les sens, la foi.
Hallucinés. Et puis, réalité : les transes
De ceux qui vont mourir et comprendre pourquoi…
A quoi bon vivre avant la mort ? Elle est la vie.
Etant le Rêve. Mais l'informe mouvement
N'est rien : le coeur qui bat, les atomes tournant
Parmi l'éther qui vibre, et les mondes : néant.
O Niverna sans fin où l'Action s'oublie.
Où l'homme, pour toujours, songe impassiblement.
Tel le Dieu-Tout, celui qui rêva la matière,
L'immense Volonté, l'éternel Solitaire !
—L'Originel, (5), Mai-Juin 1978 show less
Sep 26, 2020 (Edited)French
> L'HORRIBLE RÉVÉLATION… La seule, de Roger Gilbert-Lecomte (Editions Fata Morgana). — « Il s'agit avant tout de faire désespérer les hommes d'eux-mêmes et de la société. » (1° tract du Grand Jeu, en 1928)
« Souviens-toi donc, homme sinistre, de ton omniscience originelle. Surgis de tes ténèbres intérieures. Je n'instruis pas, j'éveille, et nul n'est initié que par lui-même. »
(R. Gilbert Lecomte. « L'horrible révélation. la seule… »)
La quête et la vie de R. show more Gilbert Lecomte — auteur de « L'Horrible révélation, la seule… » que Fata Morgana vient de rééditer — sont liées au Grand Jeu. Le Grand Jeu fut une revue, et plus profondément une « communauté initiatique » (Daumal), une entreprise de tout l'être vers l'essentiel, cet essentiel que l'Occident a oublié.
L'ambition était grande, mais grands étaient les esprits. Il s'agissait de renouveler les voies d'accès traditionnelles de la métaphysique. Parlant de « métaphysique expérimentale », ils démontraient qu'une voie scientifique, basée sur l'expérience, existait pour approcher de l'absolu.
Basée sur un acte de révolte totale, leur expérience intérieure n'était pas séparable d’une révolution sociale. « Nous nous donnerons toujours de toutes nos forces à toutes les révolutions nouvelles » écrit R.G. Lecomte, et avec Daumal ils affirment « nous sommes résolus à détériorer et déprécier ou faire sauter tout édifice social, fracasser toute gangue morale, pour ruiner toute confiance en soi… »
Cette destruction de tous les mensonges, de toutes les prisons sociales et individuelles (mort de l'individualisme) est suivie par (concommittante à ) une reconstruction intérieure. « Révolution-Révélation » indiquaient Daumal et Lecomte; ce qui signifie la nécessité de passer à un autre plan, (outre la révolution économique). Pour eux, la révolte s'illumine dans la métaphysique; la liberté étant libération. A la recherche de l'Absolu, de l'identité avec le Tout, ils veulent dépasser l'opposition entre esprit et matière, entre âme et corps. « Ce combat de l'Un contre le Deux — écrit Daumal — dépasse la philosophie, il se livre dans le corps, les passions, les institutions sociales aussi bien que dans les concepts. »
Daumal et Lecomte vivront leur quête de tout leur être.
Paradoxalement, ce n'est qu'en connaissant la mort dans la vie que nous pouvons connaître-vivre dans sa totalité ce qui est. Et l'auteur de « L'Horrible révélation, la seule… » s'y consacre totalement. « Il veut écrit Random (dans « Le Grand Jeu » Denoêl) — entrer si avant dans l'univers extra sensoriel, dans le monde de la mort-vie, qu'il tente de le faire basculer, de l'instituer immédiatement dans la vie présente. »
Lecomte n'est pas un philosophe, il a vécu ces expériences définitives qui renversent notre conception du monde « raisonnable », étroite et duelle.
Dans ce livre, Lecomte, devant un monde « abject » et un homme devenu « insecte », « parle pour redire ce qui fut dit déjà à l'aube des civilisations », et « proclame la dialectique historique du devenir de l'Esprit ». Le texte est un cri, une vision foudroyante, une prophétie.
Lecomte, dans une perspective globalisante de l'histoire, rappelle à l'Occidental que sa pensée, son esprit, ne sont « qu'un moment de l'évolution dialectique du Grand Esprit » et qu'ils ne sont « que le moment négatif de l'esprit du sauvage » et que « leurs contradictions vont s'identifier ».
A la fois métaphysicien et dialecticien, Lecomte, tout en s'enracinant dans son époque, invoque le premier homme et le sauvage :
« Ne crains point, ô civilisé aux orteils recroquevillés, ton Sauvage est ton Sauveur et ton sauvage n'est pas loin, il dort encore au fond de ta conscience. »
« Au Sauvage dont la conscience est indistinctement éparse dans la nature, s'oppose l'individu proclamant « je suis Moi « et se repliant sur soi-même pour que, réellement incarné dans sa personnalité, connaissant ses limites et se niant comme tel, puisse naître l'Homme-à -trois-yeux qui, dépassant l'individu, sera, en vérité, la conscience cosmique. » J.L.A.
—L'Originel, (2), Déc./Nov. 1977 show less
« Souviens-toi donc, homme sinistre, de ton omniscience originelle. Surgis de tes ténèbres intérieures. Je n'instruis pas, j'éveille, et nul n'est initié que par lui-même. »
(R. Gilbert Lecomte. « L'horrible révélation. la seule… »)
La quête et la vie de R. show more Gilbert Lecomte — auteur de « L'Horrible révélation, la seule… » que Fata Morgana vient de rééditer — sont liées au Grand Jeu. Le Grand Jeu fut une revue, et plus profondément une « communauté initiatique » (Daumal), une entreprise de tout l'être vers l'essentiel, cet essentiel que l'Occident a oublié.
L'ambition était grande, mais grands étaient les esprits. Il s'agissait de renouveler les voies d'accès traditionnelles de la métaphysique. Parlant de « métaphysique expérimentale », ils démontraient qu'une voie scientifique, basée sur l'expérience, existait pour approcher de l'absolu.
Basée sur un acte de révolte totale, leur expérience intérieure n'était pas séparable d’une révolution sociale. « Nous nous donnerons toujours de toutes nos forces à toutes les révolutions nouvelles » écrit R.G. Lecomte, et avec Daumal ils affirment « nous sommes résolus à détériorer et déprécier ou faire sauter tout édifice social, fracasser toute gangue morale, pour ruiner toute confiance en soi… »
Cette destruction de tous les mensonges, de toutes les prisons sociales et individuelles (mort de l'individualisme) est suivie par (concommittante à ) une reconstruction intérieure. « Révolution-Révélation » indiquaient Daumal et Lecomte; ce qui signifie la nécessité de passer à un autre plan, (outre la révolution économique). Pour eux, la révolte s'illumine dans la métaphysique; la liberté étant libération. A la recherche de l'Absolu, de l'identité avec le Tout, ils veulent dépasser l'opposition entre esprit et matière, entre âme et corps. « Ce combat de l'Un contre le Deux — écrit Daumal — dépasse la philosophie, il se livre dans le corps, les passions, les institutions sociales aussi bien que dans les concepts. »
Daumal et Lecomte vivront leur quête de tout leur être.
Paradoxalement, ce n'est qu'en connaissant la mort dans la vie que nous pouvons connaître-vivre dans sa totalité ce qui est. Et l'auteur de « L'Horrible révélation, la seule… » s'y consacre totalement. « Il veut écrit Random (dans « Le Grand Jeu » Denoêl) — entrer si avant dans l'univers extra sensoriel, dans le monde de la mort-vie, qu'il tente de le faire basculer, de l'instituer immédiatement dans la vie présente. »
Lecomte n'est pas un philosophe, il a vécu ces expériences définitives qui renversent notre conception du monde « raisonnable », étroite et duelle.
Dans ce livre, Lecomte, devant un monde « abject » et un homme devenu « insecte », « parle pour redire ce qui fut dit déjà à l'aube des civilisations », et « proclame la dialectique historique du devenir de l'Esprit ». Le texte est un cri, une vision foudroyante, une prophétie.
Lecomte, dans une perspective globalisante de l'histoire, rappelle à l'Occidental que sa pensée, son esprit, ne sont « qu'un moment de l'évolution dialectique du Grand Esprit » et qu'ils ne sont « que le moment négatif de l'esprit du sauvage » et que « leurs contradictions vont s'identifier ».
A la fois métaphysicien et dialecticien, Lecomte, tout en s'enracinant dans son époque, invoque le premier homme et le sauvage :
« Ne crains point, ô civilisé aux orteils recroquevillés, ton Sauvage est ton Sauveur et ton sauvage n'est pas loin, il dort encore au fond de ta conscience. »
« Au Sauvage dont la conscience est indistinctement éparse dans la nature, s'oppose l'individu proclamant « je suis Moi « et se repliant sur soi-même pour que, réellement incarné dans sa personnalité, connaissant ses limites et se niant comme tel, puisse naître l'Homme-à -trois-yeux qui, dépassant l'individu, sera, en vérité, la conscience cosmique. » J.L.A.
—L'Originel, (2), Déc./Nov. 1977 show less
Sep 25, 2020 (Edited)French
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