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Vincent Message

Author of Les veilleurs

6 Works 62 Members 3 Reviews

Works by Vincent Message

Les veilleurs (2009) 23 copies, 2 reviews
Cora dans la spirale (2019) 14 copies
Défaite des maîtres et possesseurs (2016) 13 copies, 1 review
Les Années sans soleil (2022) 5 copies
La Folie Océan (2025) 4 copies
Romanciers pluralistes (2013) 3 copies

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Birthdate
1983
Nationality
France

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3 reviews
Livre incroyable, époustouflant, génial ! Bref j'ai adoré.
Oscar Nexus a tué trois personnes dans la rue sans mobile apparent. A 30ans, Nexus, amnésique de son passé, dit être né depuis un an. Après avoir été condamné à perpétuité, il est transféré dans un hôpital psychiatrique. Les soins et traitements administrés ne lui permettent pas de retrouver la mémoire. Parmi les victimes il y a une femme, Ania, maîtresse de Samuel Drake, gouverneur de la province et de la ville show more Regson. Ce dernier pense que par ce meurtre quelqu'un cherche à l'atteindre. Il ordonne à Paulus Rivielro, inspecteur de police, de se joindre à un célèbre psychiatre, le docteur Joachim Traumfreund, pour reprendre l'enquête et l'interrogatoire de Nexus. Les méthodes du psychiatre sont assez originales. Nexus est interné dans un maison-vaisseau niché au fond d'une vallée en montagne, isolée de tout, surveillé en permanence par deux infirmiers.
Traumfreund et Rivielro vont découvrir que Nexus, à chaque phase de sommeil, poursuit le même rêve. Pour redonner la mémoire à Nexus et comprendre les raisons de ses meurtres, ils vont s'employer à entrer dans le rêves de Nexus, parcourir son imaginaire et découvrir un monde parallèle.
Vincent Message a écrit un roman sur la raison et l'imaginaire se livrant une guerre depuis des siècles. Dans notre monde rationnel et technique, obnubilé par l'efficacité, la rentabilité, l'imaginaire a été totalement renié et au mieux admis comme étant l'expression de non-dit qu'il faut analyser rationnellement. Tout le roman s'interroge sur la possibilité de faire coexister l'imaginaire avec le réel. L'auteur symbolise cet équilibre par l'équinoxe, totalement oublié dans nos sociétés qui préfèrent célébrer les solstices d'hiver et d'été.
Au fur et à mesure que nous découvrons le monde imaginaire de Nexus, Vincent Message arrive à nous faire douter de l'existence du réel. Finalement en quoi l'imaginaire peut-il influencer et créer le réel? En décrivant très précisément les lieux géographiques, en attribuant des noms à chaque villages, rivières, montagnes et surtout en faisant référence parfois à des lieux réels (Canada, Terre, ...) le monde dit réel, mais néanmoins imaginaire de l'auteur devient véritablement réel. D'où l'énorme trouble que l'on ressent lorsque que l'on plonge dans le monde imaginaire de Nexus, le Séabra avec ses régions, son désert, ses villes immenses. On ne sait plus où est le réel et l'imaginaire. Alors qu'il s'agit des rêves de Nexus, on finit par l'oublier et croire qu'il s'agit vraiment d'un monde parallèle réel et que le monde de Regson est le miroir imaginaire.
Thème omniprésent, les visages et le regard. Zone d'expression et de communication entre les hommes. Medium obéissant à des règles en société pour chaque circonstance, qui est source d'imagination et d'interprétation et de manipulation.
Le roman peut également être lu comme une critique de nos sociétés et de ses dérives. Critique des intellectuels, critique de l'hypocrisie des politiques, critique de nos sociétés de consommation. A tout moment les situations décritent font écho a des évènements de notre monde et nous interrogent.
L'écriture de Vincent Message est truffée de petites phrases très imagées (imaginaire !) permettant en quelques mots de décrire des situations doubles (L'autre a les mains mal rasées et les joues moites, le roseau faisait fléchir les chaînes, des dizaines de cerisiers qui gardent au cours de l'année en eux l'idée de fleurs et la laissent surgir au printemps en une explosion de vie).
Il invente des mots lui permettant de révéler des sens cachés (les gardiens qui déblavardent, certains avocacteurs, corps musculaturés, carnavalges).
Vincent Message s'appuie sur des multiples clins d'oeil et références culturels (la banque Fafner évoquant le dragon de la tétralogie de Wagner gardant l'or du Rhin, la stèle présente avant le déluge dans le monde de Séabra évoquant la stèle de 2001 Odyssée de l'Espace de S Kubrick, Le nom du psychiatre Traumfreund soit l'ami des rêves en allemand, etc, etc).
Roman immense dont il faudrait citer chaque page. Roman exigeant d'une densité extraordinaire dont je n'ai certainement pas vu toutes les clés.
Roman à lire absolument et à relire.
show less
Très beau roman avec une magnifique écriture. Roman très perturbant.
Perturbant par l'histoire qu'il raconte en mettant les hommes en situation d'être traités comme ils traitent aujourd'hui le monde vivant, les animaux, la nature et la société de consommation qui exploite le vivant et les hommes.
"Ils se doutent que la beauté du monde visible, sa générosité de corne d'abondance supposent beaucoup d'échafaudages, de coulisses, de dépotoirs, de sous-sols, d'arrière-pays, de show more périphéries crasseuses où cette beauté se prépare dans un entassement de misères et de laideurs dont on cherche à ne parler jamais. Ils protestent parfois contre cette opacité. mais en somme elle fait leurs affaires : on mènerait une existence d'inquiétude permanente et inutile si on désirait à tout prix savoir comment les décisions se prennent ou comment les objets se fabriquent"
"Notre société pousse de plus en plus loin l'automation des tâches, met tout en oeuvre pour faire baisser les coûts et accroître la cadence, réduit du même coup comme jamais les possibilités de travail, puis jette l'opprobre sur ceux qui n'en trouvent pas" (p124)
"C'est à ce prix là que nous mangeons de la viande; C'est le caché tout autour de nous, que notre inconscient occulte efficacement pour que nous poursuivions notre vie comme si de rien n'était (...) L'inconscient pousse les choses dans le noir. L'inconscient dissocie." (p150)
"Et en rentrant chez moi, hier, je me suis demandé, dans la ville noyée de pollution : comment prend-on en compte les intérêts de ceux qu'on ne voit pas, ou qui ne parlent pas, ou auxquels on se refuse par principe à donner la parole ?" (p191)

Le texte est également très perturbant par son pessimisme. Le constat porté sur l'homme et son avenir face à la destruction de la nature semble cédé au défaitisme, laisse penser que l'inéluctable est programmé et que la fin de l'humanité s'approche. Il est vrai que la dénonciation qu'il porte sur nos travers, nos égoïsme, notre volonté de puissance et de domination finit par nous écoeurer de nous même, nous révolter mais également, et c'est là la limite de ce texte, donner le sentiment d'impuissance et d'inéluctable voir même on pourrait y voir comme un souhait que l'homme disparaisse pour laisser la terre vivre...
"Nous savons que la croissance sans contrôle est ce qui provoque l'effondrement"
"C'est que les hommes n'aiment pas ce qui se mélange ; ce qui est hybride (...) Trier. Faire entrer les choses et les êtres dans des catégories qui une fois refermées repoussent les nouveaux arrivants." (p128)
"Cette inconséquence, d'une constance tout à fait remarquable, tenait pour beaucoup à leur emprisonnement dans le chaos des intérêts particuliers" (p208)
"Je ne pense pas, sincèrement qu'il suffise de chercher avec application, de se raconter sur un divan ou de s'en remettre à un médecin pour tout comprendre de soi. Nous sommes livrés sans mode d'emploi" (p238)
"la vie fera valoir ses lois, comme à son habitude, sans prononcer un mot, une sélection muette et naturelle qui nous supprimera tous, pour que subsistent à notre place des espèces moins grandiloquentes, plus fines, plus économes" (p297)
"Ce n'est pas la terre qu'on sauve, quand si souvent on parle de sauver, c'est la possibilité si précieuse et précaire que nous avons de nous y tenir; d'y être bien, de l'habiter, d'y trouver quelque chose qui s'appellerait le repos." (p298)

Mais également perturbant car au fil de la lecture j'avais un sentiment de non-fini, d'incomplet, d'un manque de puissance.

J'avais adoré le premier roman de Vincent Message "Les Veilleurs", magnifique réflexion sur le réel, l'imaginaire avec sous-tendu un regard critique de nos sociétés. Ici on retrouve l'écriture magnifique de l'auteur et cette faculté de dénoncer, pointer, nos maux, nos insuffisances.

Malgré ce regard noir et fataliste, le roman est magnifique grâce à l'écriture de Vincent Message :
"Derrière les baies vitrées, la ville ne va pas tarder à entrer dans l'aube" (p10)
"A peine si l'on devinait, dans l'ombre du salon, le soliloque d'écrans qui n'exigeaient aucune forme d'attention et n'appelaient pas de réponse" (p68)
"Ses rides participaient d'une écriture déliée, où se lisait la répétition des sourires,..." (p193)
"Dans les heures pleines de secondes que je passais à l'attendre..;" (p 244)
show less
Chronique sur le Fric-Frac Club :http://fricfracclub.com/spip/spip.php?article519

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