Showing 1-3 of 3
 
Richard Price donne aux mots le pouvoir de nous transporter dans les tréfonds de l’humanité. En quelques phrases il rend vivants les zombies qui errent dans les ghettos perdus en bordure du New Jersey. L’humanité nous apparaît dans toute sa noirceur et pourtant la générosité n’est pas absente de ses chocs de destins tragiques : notamment dans le personnage de Nerese, femme flic à la veille de la retraite éprouvée par les remous de sa vie et de celle de ses condisciples.
½
Avec toute la virtuosité qui caractérise les écrivains anglo saxons pour décrire la psychologie des personnages du roman, Zaddie Smith nous fait plonger dans un monde universitaire, ce « Tout petit monde » pour reprendre David Lodge à qui l’on pense souvent, peuplé de personnages qu’elle croque avec humour et cruauté. Elle n’hésite jamais à insister sur les contradictions et souvent l’hypocrisie de ces personnages. Certains s’en sortent mieux que d’autres : Kiki Belsey la mère trompée par son mari reste fidèle à elle-même, n’est jamais tentée par les faux semblants de ce monde intellectuel, Howard Belsey le mari volage nous apparaît souvent comme un lâche, un grand adolescent irresponsable mais est sauvé par la sincérité de l’amour qu’il porte à sa femme
Elle est belle, instruite, éprise de littérature, elle aime la vie et de plus est très amoureuse, mais elle est juive. Ces lignes, elle les écrit d’un jet (on voit les facs similés à la fin), avec toute son ardeur, de femme amoureuse et de plus en plus de femme révoltée. Au cours des premiers mois la guerre n’apparaît qu’en arrière plan, elle décrit ses journées un peu mondaines, ses sentiments amoureux qui évoluent, son goût pour la littérature et la musique qui anime sa vie, puis tout bascule à partir du moment où l’administration française impose aux juifs de porter l’étoile jaune. Elle décrit, d’abord sa position vis-à-vis du port de l’étoile puis lorsqu’elle décide de l’arborer comme un acte de courage et d’affirmation de son identité, la réaction des français non juifs. S’amorce une progression presque étouffante, parce qu’elle sait, et nous aussi, qu’elle va être arrêtée et déportée. Elle mourra effectivement à Bergen Belsen en avril 1945 quelques semaines avant la libération des camps. C’est pas très gai je reconnais mais ce livre m’a bouleversé