C'est une tragédie que nous offre Donna Tartt, une histoire où tout nous entraîne vers sa monstrueuses conclusion.
Dans une université élitiste du Vermont,s'est formé un groupe de jeunes gens fortunés, férus de grec, subjugués par leur brillant professeur, et isolés de tout. Tout va conduire au meurtre de l'un d'eux par le reste du groupe.
Le narrateur est un jeune homme, faiseur d'histoires, qui s'invente un passé et qui cherche à intégrer ce groupe. C'est le rôle du spectateur que Donna Tartt nous donne à voir, et que devient un spectateur une fois qu'il tait ce qu'il a vu ?
C'est à lire en anglais pour la beauté et la pureté du style. Un roman en hommage à la culture et à la littérature grecque, de par ces thèmes (familles tiraillées, hybris, inéluctabilité de la tragédie) et sa forme. C'est littéralement une élégie, un chant de mort.
Dans une université élitiste du Vermont,s'est formé un groupe de jeunes gens fortunés, férus de grec, subjugués par leur brillant professeur, et isolés de tout. Tout va conduire au meurtre de l'un d'eux par le reste du groupe.
Le narrateur est un jeune homme, faiseur d'histoires, qui s'invente un passé et qui cherche à intégrer ce groupe. C'est le rôle du spectateur que Donna Tartt nous donne à voir, et que devient un spectateur une fois qu'il tait ce qu'il a vu ?
C'est à lire en anglais pour la beauté et la pureté du style. Un roman en hommage à la culture et à la littérature grecque, de par ces thèmes (familles tiraillées, hybris, inéluctabilité de la tragédie) et sa forme. C'est littéralement une élégie, un chant de mort.
James Wormold est vendeur d’aspirateurs à la Havane. Il a une fille, chrétienne superbe et manipulatrice, et un ami, docteur allemand à l’optimisme désespéré (« Vous devriez rêver davantage, monsieur Wormold. Au siècle où nous vivons, la réalité n’est pas une chose à regarder en face »).
Il vient d’être recruté par les services secrets anglais, sans être trop sûr d’avoir dit oui, dans la pénombre des toilettes d’un bar.
Il va tout inventer – les contacts, les renseignements, les frais.
Il va découvrir que les autres joueurs de la partie sont capables de rendre vrai ce qui n’est que du bluff. Wormold va alors essayer de quand même gagner la partie- d'autant qu'il y a une femme qu'il voudrait impressionner... et l'éducation de sa fille à payer.
Le rythme est enjoué, les rebondissements amusants et la satire du monde du renseignement féroce. Greene dessine également fort bien ses personnages, héros comme secondaires, et sait renverser en quelques détails une caricature.
Je regrette cependant une traduction que j’ai trouvée pâlotte mais qui va avoir le mérite de me faire relire Notre agent à La Havane dans le texte original.
Il vient d’être recruté par les services secrets anglais, sans être trop sûr d’avoir dit oui, dans la pénombre des toilettes d’un bar.
Il va tout inventer – les contacts, les renseignements, les frais.
Il va découvrir que les autres joueurs de la partie sont capables de rendre vrai ce qui n’est que du bluff. Wormold va alors essayer de quand même gagner la partie- d'autant qu'il y a une femme qu'il voudrait impressionner... et l'éducation de sa fille à payer.
Le rythme est enjoué, les rebondissements amusants et la satire du monde du renseignement féroce. Greene dessine également fort bien ses personnages, héros comme secondaires, et sait renverser en quelques détails une caricature.
Je regrette cependant une traduction que j’ai trouvée pâlotte mais qui va avoir le mérite de me faire relire Notre agent à La Havane dans le texte original.
Le livre d'Atwood est un bel hommage littéraire de ce à quoi peuvent s'attendre des historiens à la recherche de la connaissance accrue d'une époque.
La narratrice est témoin d'un régime théocratique, dictatorial et patriarcal à l'extrême, mais elle ne donne finalement que peut d'informations sur le système. Actrice de l'époque, elle n'a pas vraiment conscience des événements et n'a pas entièrement compris ce qui s'est passé. Elle en est victime, prisonnière, manque de recul et ne se veut pas une héroïne. Son témoignage est de plus reconstruit après les événements racontés, ce qui ajoute à l'aspect flou et aléatoire de ses souvenirs.
Cet aspect éparpillé est l'un des intérêts du livre et conduit à une certaine frustration, car on voudrait avoir plus d'explications sur le fonctionnement du régime, son arrivée au pouvoir, etc.. Cependant l'héroïne, qui vit à l'intérieur, n'en connaît pas les rouages. Ces lacunes sont voulues par l'auteur et on comprend aisément pourquoi, mais l'impression que l'on a du régime est qu'il n'est ni solide ni cohérent et l'on ne comprend pas pourquoi il reste en place.
Un autre point fort est l'écriture d'Atwood. Je l'ai lu en anglais et il en ressort une impression de clarté, de précision et une utilisation admirable des métaphores, qui tombent exactement au bon moment et contribuent à offrir une atmosphère faisant froid dans le dos.
Enfin, un des aspects les plus intéressants du livre est la relation show more entre les femmes (et les moments qu'elles partagent), que ce soient entre les "Wives", les "Handmaids" ou les autres catégories, mais aussi comment elles interagissent avec les hommes. Ainsi, une scène rappelle la Minute de Haine de "1984", quand les femmes, obligées à une soumission totale dans cette société, ont le droit de s'en prendre à un homme qu'on leur présente comme un violeur. La scène est terrifiante. show less
La narratrice est témoin d'un régime théocratique, dictatorial et patriarcal à l'extrême, mais elle ne donne finalement que peut d'informations sur le système. Actrice de l'époque, elle n'a pas vraiment conscience des événements et n'a pas entièrement compris ce qui s'est passé. Elle en est victime, prisonnière, manque de recul et ne se veut pas une héroïne. Son témoignage est de plus reconstruit après les événements racontés, ce qui ajoute à l'aspect flou et aléatoire de ses souvenirs.
Cet aspect éparpillé est l'un des intérêts du livre et conduit à une certaine frustration, car on voudrait avoir plus d'explications sur le fonctionnement du régime, son arrivée au pouvoir, etc.. Cependant l'héroïne, qui vit à l'intérieur, n'en connaît pas les rouages. Ces lacunes sont voulues par l'auteur et on comprend aisément pourquoi, mais l'impression que l'on a du régime est qu'il n'est ni solide ni cohérent et l'on ne comprend pas pourquoi il reste en place.
Un autre point fort est l'écriture d'Atwood. Je l'ai lu en anglais et il en ressort une impression de clarté, de précision et une utilisation admirable des métaphores, qui tombent exactement au bon moment et contribuent à offrir une atmosphère faisant froid dans le dos.
Enfin, un des aspects les plus intéressants du livre est la relation show more entre les femmes (et les moments qu'elles partagent), que ce soient entre les "Wives", les "Handmaids" ou les autres catégories, mais aussi comment elles interagissent avec les hommes. Ainsi, une scène rappelle la Minute de Haine de "1984", quand les femmes, obligées à une soumission totale dans cette société, ont le droit de s'en prendre à un homme qu'on leur présente comme un violeur. La scène est terrifiante. show less
Un livre très amusant mais qui se révèle à la longue frustrant car les mécanismes économiques et sociaux des situations ne sont pas assez fouillés. Plus conséquent, il aurait été parfait!
I thoroughly enjoy Nicholas Meyer's Sherlock Holmes. He is true to the canon but goes a bit beyond to give us a nice view of the man.
I liked the "Seven Percent Solution" and "The West End Horror" and found that "The Canary Trainer" is not as good.
Although it was a good idea to put Holmes in the middle of "The Phantom of the Opera"'s plot, it removes all sense of surprise and gives an annoying sense of déja-vu if you know Leroux's book, as I did.
Holmes' voice is well-written and Irene Adler is as lovely and as clever as ever. Meyer is a enthusiastic follower of Baring-Gould's theories about Holmes and the book finishes with a mention of Montenegro...
In all, it was the lesser book of a wonderful Holmesian series.
I liked the "Seven Percent Solution" and "The West End Horror" and found that "The Canary Trainer" is not as good.
Although it was a good idea to put Holmes in the middle of "The Phantom of the Opera"'s plot, it removes all sense of surprise and gives an annoying sense of déja-vu if you know Leroux's book, as I did.
Holmes' voice is well-written and Irene Adler is as lovely and as clever as ever. Meyer is a enthusiastic follower of Baring-Gould's theories about Holmes and the book finishes with a mention of Montenegro...
In all, it was the lesser book of a wonderful Holmesian series.
Il s'agit d'un live sur Jack l'Eventreur qui n'évoque presque pas l'Eventreur : pas de récit chronologique des crimes et de l'enquête, pas de description des corps et des indices, peu ou prou d'hypothèses... Roland Marx reconnaît la production foisonnante d'écrits à propos de ces sujets et s'en tient soigneusement (trop soigneusement?) à l'écart.
Il se livre plutôt à une analyse a contrario de Jack l'Eventreur en évoquant le contexte où il a sévi : les conditions sociales, économiques, politiques et morales de l'époque victoriennes, les peurs anciennes et les fantasmes nouveaux, la vie à Londres... Il s'agit plus de donner une "identité sociale" à Jack que l'identifier.
La partie sur la prégnance de la mort, du sexe et de la ville au sein de l'imaginaire (et du vécu) victorien est des plus intéressantes Par contre, le quotidien londonien aurait pu être plus développé, tout comme les changements politiques.
Néanmoins, Roland Marx réussit parfaitement à partir du fait divers des crimes de l'Eventreur pour analyser l'impact qu'il a eu et ce que cela révèle sur la société victorienne, le tout dans un langage clair et agréable.
Il se livre plutôt à une analyse a contrario de Jack l'Eventreur en évoquant le contexte où il a sévi : les conditions sociales, économiques, politiques et morales de l'époque victoriennes, les peurs anciennes et les fantasmes nouveaux, la vie à Londres... Il s'agit plus de donner une "identité sociale" à Jack que l'identifier.
La partie sur la prégnance de la mort, du sexe et de la ville au sein de l'imaginaire (et du vécu) victorien est des plus intéressantes Par contre, le quotidien londonien aurait pu être plus développé, tout comme les changements politiques.
Néanmoins, Roland Marx réussit parfaitement à partir du fait divers des crimes de l'Eventreur pour analyser l'impact qu'il a eu et ce que cela révèle sur la société victorienne, le tout dans un langage clair et agréable.
Oct 16, 2010French
L'histoire, entre enquête dans les milieux satanistes et piège se refermant sur Holmes, est originale, même si l'hémoglobine coule de façon un peu trop excessive. Les solutions sont cependant parfois évidentes. Il y a quelques erreurs, d'époque ou holmésiennes, qui font tiquer.
Bon rendu de Holmes et Watson, même si la soit-disante déchéanche du premier à cause de la drogue n'est jamais visible et les cauchemards du second le sont un peu trop.
Une agréable lecture holmésienne, donc.
Bon rendu de Holmes et Watson, même si la soit-disante déchéanche du premier à cause de la drogue n'est jamais visible et les cauchemards du second le sont un peu trop.
Une agréable lecture holmésienne, donc.
Un bonheur à lire jusqu'à la page 295. Holmes au Tibet, des meurtres étranges, un chassé-croisé avec Kipling et une excellente narration.
Mais :
Un sentiment de pourquoi-pas-voyons-où-cela-nous-mène saisit alors jusqu'à la page 358.Puis, le livre vire au grotesque après la page 358 et n'en revient jamais; particulièrement douloureux au vu de l'excellence des trois cents premières pages. La lecture s'en trouve gâchée. Page 358, je t'en veux autant qu'on puisse en vouloir à une feuille de papier imprimé.
Mais :
Un sentiment de pourquoi-pas-voyons-où-cela-nous-mène saisit alors jusqu'à la page 358.Puis, le livre vire au grotesque après la page 358 et n'en revient jamais; particulièrement douloureux au vu de l'excellence des trois cents premières pages. La lecture s'en trouve gâchée. Page 358, je t'en veux autant qu'on puisse en vouloir à une feuille de papier imprimé.
L'idée de départ est intéressante et le Merlin de Fetjaine est vite attachant. Néanmoins, l'auteur utilise bon nombre de ressorts, mécanismes et caractérisations issus de la Trilogie des Elfes, donnant un air de déjà-vu trop poussé. Dommage.
Jul 3, 2010French
Le duel est classique, mais bien mené. Des événements connus et rabâchés se succèdent, mais on ne peut que s'y attendre avec le sujet. On retrouve plusieurs éléments du film "Murder by decree" (pas l'intrigue principale, heureusement).
La solution proposée n'est pas la plus satisfaisante, mais fait preuve d'originalité.
J'ai apprécié l'enquête dans Bedlam et l'effort apporté à faire de Watson et Holmes de véritables personnages, et non de simples archétypes. De nombreux anachronismes, cependant.
Un bon pastiche holmésien, s'il n'atteint pas ceux de Reouven.
La solution proposée n'est pas la plus satisfaisante, mais fait preuve d'originalité.
J'ai apprécié l'enquête dans Bedlam et l'effort apporté à faire de Watson et Holmes de véritables personnages, et non de simples archétypes. De nombreux anachronismes, cependant.
Un bon pastiche holmésien, s'il n'atteint pas ceux de Reouven.
Jul 1, 2010French
It's a book about football in the same way "Sports Night" was a tv show about sports. It offers the same amount of fun, good characters and gags, except Sorkin didn't use wizards and goblins.
Oh, and Vetinari got drunk.
Oh, and Vetinari got drunk.
Toutes les nouvelles ne sont pas égales, mais certaines sont de vrais petits bijoux, notamment "Nicholas était...", "Neige, verre et pommes", "Le balayeur de rêves", "Le cadeau de mariage" dans l'introduction et "Mignons à croquer".
Neil Gaiman sait particulièrement réécrire les contes, les mythes et les grandes figures de la littérature fantastique en y ajoutant une pointe d'humour glacial.
Neil Gaiman sait particulièrement réécrire les contes, les mythes et les grandes figures de la littérature fantastique en y ajoutant une pointe d'humour glacial.
J'aurais dû aimé "Abattoir 5" bien plus que cela. Vonnegut mélange dans ce livre une critique acerbe de la guerre, le récit non-linéaire d'une vie, la douce folie du personnage principal, le voyage dans le temps et dans l'espace, la non-description du bombardement de Dresde comme principal événement et des scénettes dont certaines sont particulièrement réussies -comme celle des Anglais séparant le camp de prisonniers en deux. Et pourtant, quelque chose n'a pas fonctionné. L'impression que Vonnegut a voulu trop en faire peut-être et que cela lasse à force.
Reste un livre intéressant à lire, avec de bons passages et quelques images particulièrement frappantes, tel ce wagon des prisonniers américains vu comme organique et vivant.
Reste un livre intéressant à lire, avec de bons passages et quelques images particulièrement frappantes, tel ce wagon des prisonniers américains vu comme organique et vivant.
900 pages et ce livre paraît trop court.
De juillet 1942 à mars 1943, Daniel Cordier fut le secrétaire de Jean Moulin. C'est cette collaboration, presque au jour le jour que Cordier raconte sous forme d'un journal. Il évoque les rendez-vous, la constitution des équipes, les relations tendues -voire les confrontations- avec les mouvements, les difficiles communications avec Londres, la solitude omniprésente et cette vie qui continue tant bien que mal sous l'Occupation. Il n'y a rien de glorieux dans cette résistance au jour le jour, du moins pour le jeune Cordier qui désespère de combattre un jour les armes à la main. Cela n'arrivera jamais, et ses armes à lui seront les courriers à relever tous les jours, les longs trajets en train, les déchiffrages et les envois de messages codés, la présence à l'arrière-plan de la Gestapo et le combat contre le sentiment d'être dans un exil solitaire dans son propre pays.
Cordier fut dévoué à Moulin, et son admiration est visible à chaque page. Il nous fait découvrir un républicain passionné, rigoureux avec lui autant qu'avec les autres, mais aussi amateur de peinture et qui, de trop rares fois, peut éclater de rire. Le livre se termine sur l'arrestation de Moulin, et on a beau s'y attendre, c'est un déchirement.
Cependant, Cordier est ici encore plus ambitieux. Ce qu'il offre ici, ce sont ses souvenirs depuis 1940. Il montre comment on peut être un jeune homme d'extrême droite, dévoué à Maurras et à show more l'Action française, et devenir par les événements un homme de gauche. Nous accompagnons Cordier à travers cet apprentissage : dans sa famille, dans sa résolution d'aller "tuer du Boche" face à la trahison de Pétain, dans le bateau qui le conduit en Angleterre, pendant les deux ans où il y fait l'apprentissage de la vie militaire, et bien sûr en France, sous les ordres de Moulin. Cordier évoque avec franchise son antisémitisme, conditionné par son éducation, jusqu'à ce que ses yeux se dessillent devant une étoile jaune, à Paris en 1943. Il est un exemple de ces parcours multiples qui ont évolué et se sont croisés dans une Résistance multiple, où l'on pouvait être communiste, d'extrême droite, républicain ou acquis à Pétain.
Le ton est juste, il a retrouvé celui de ce tout jeune homme, romantique, naïf et absolu. show less
De juillet 1942 à mars 1943, Daniel Cordier fut le secrétaire de Jean Moulin. C'est cette collaboration, presque au jour le jour que Cordier raconte sous forme d'un journal. Il évoque les rendez-vous, la constitution des équipes, les relations tendues -voire les confrontations- avec les mouvements, les difficiles communications avec Londres, la solitude omniprésente et cette vie qui continue tant bien que mal sous l'Occupation. Il n'y a rien de glorieux dans cette résistance au jour le jour, du moins pour le jeune Cordier qui désespère de combattre un jour les armes à la main. Cela n'arrivera jamais, et ses armes à lui seront les courriers à relever tous les jours, les longs trajets en train, les déchiffrages et les envois de messages codés, la présence à l'arrière-plan de la Gestapo et le combat contre le sentiment d'être dans un exil solitaire dans son propre pays.
Cordier fut dévoué à Moulin, et son admiration est visible à chaque page. Il nous fait découvrir un républicain passionné, rigoureux avec lui autant qu'avec les autres, mais aussi amateur de peinture et qui, de trop rares fois, peut éclater de rire. Le livre se termine sur l'arrestation de Moulin, et on a beau s'y attendre, c'est un déchirement.
Cependant, Cordier est ici encore plus ambitieux. Ce qu'il offre ici, ce sont ses souvenirs depuis 1940. Il montre comment on peut être un jeune homme d'extrême droite, dévoué à Maurras et à show more l'Action française, et devenir par les événements un homme de gauche. Nous accompagnons Cordier à travers cet apprentissage : dans sa famille, dans sa résolution d'aller "tuer du Boche" face à la trahison de Pétain, dans le bateau qui le conduit en Angleterre, pendant les deux ans où il y fait l'apprentissage de la vie militaire, et bien sûr en France, sous les ordres de Moulin. Cordier évoque avec franchise son antisémitisme, conditionné par son éducation, jusqu'à ce que ses yeux se dessillent devant une étoile jaune, à Paris en 1943. Il est un exemple de ces parcours multiples qui ont évolué et se sont croisés dans une Résistance multiple, où l'on pouvait être communiste, d'extrême droite, républicain ou acquis à Pétain.
Le ton est juste, il a retrouvé celui de ce tout jeune homme, romantique, naïf et absolu. show less
1848, Yorkshire.
A peine arrivée dans une maison du beau monde anglais et portée au corset d'une délicieuse jeune fille, une fameuse (et maudite!) pierre hindoue disparaît. Et les soupçons de s'installer dans la maisonnée, où tous vont cacher quelque chose.
Les événéments sont relatés successivement par différents narrateurs, tous plus certains que les autres d'être sur la bonne piste - et l'affirmant avec force au lecteur. Le roman offre à ce propos une des plus divertissantes et singulières galeries de personnages que l'on peut trouver dans un livre, en particulier avec Gabriel Betteredge et sa foi absolue en Robinson Crusoé comme philosophie de vie, Miss Drusilla Clark et son hypocrite bigoterie, Ezra Jennings et sa vie mystérieuse et enfin le sergent Cuff, amoureux des roses et l'ancêtre de tous les détectives modernes.
Ingénieux et amusant, Pierre de Lune est un des sommets du genre.
A peine arrivée dans une maison du beau monde anglais et portée au corset d'une délicieuse jeune fille, une fameuse (et maudite!) pierre hindoue disparaît. Et les soupçons de s'installer dans la maisonnée, où tous vont cacher quelque chose.
Les événéments sont relatés successivement par différents narrateurs, tous plus certains que les autres d'être sur la bonne piste - et l'affirmant avec force au lecteur. Le roman offre à ce propos une des plus divertissantes et singulières galeries de personnages que l'on peut trouver dans un livre, en particulier avec Gabriel Betteredge et sa foi absolue en Robinson Crusoé comme philosophie de vie, Miss Drusilla Clark et son hypocrite bigoterie, Ezra Jennings et sa vie mystérieuse et enfin le sergent Cuff, amoureux des roses et l'ancêtre de tous les détectives modernes.
Ingénieux et amusant, Pierre de Lune est un des sommets du genre.
Lucas Corso, chasseur de livres rares, se retrouve en possession d’un chapitre original des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, alors qu’il est commandité par un collectionneur pour établir l’authenticité d’un ouvrage de démonologie du XVIIe siècle. Peu à peu, cet homme rationnel commence à se demander jusqu’où la réalité peut devenir fiction, alors qu’il rencontre d’étranges sosies de Rochefort et de Milady, et si des gravures peuvent appeler des démons. Pour résoudre les mystères –et les morts brutales- qui semblent l’accompagner, il accepte de rentrer dans la seule logique qui lui reste, la logique romanesque… et se retrouve prisonnier de l’intertextualité.
Un hommage des plus réjouissants aux romans de cape et d’épée, en particulier Alexandre Dumas, et un petit bijou d'érudition (réelle comme imaginée).
Un hommage des plus réjouissants aux romans de cape et d’épée, en particulier Alexandre Dumas, et un petit bijou d'érudition (réelle comme imaginée).
Kiev. un homme (journaliste raté mais excellent pour les très courtes nouvelles) et son pingouin (dépressif mais digne) survivent comme ils peuvent. L'homme pense s'en être sorti avec une nouvelle opportunité, la rédaction de nécrologies d'hommes encore vivants, mais il n'en est rien. Sur son chemin : des rencontres en tout genre -amicale, amoureuse, mafieuse, enfantine ou dangereuse- et des enterrements où l'on requiert la présence de son pingouin.
L'Ukraine de Kourkov est un monde âpre, absurde et violent, où les relations sociales ne sont que des solitudes qui tentent de se rapprocher un bref instant. Le pingouin est d'ailleurs l'animal le plus social du livre.
Dommage que la fin, en queue-de-poisson, gâche un tantinet le plaisir éprouvé à lire ce concentré d'humour noir.
L'Ukraine de Kourkov est un monde âpre, absurde et violent, où les relations sociales ne sont que des solitudes qui tentent de se rapprocher un bref instant. Le pingouin est d'ailleurs l'animal le plus social du livre.
Dommage que la fin, en queue-de-poisson, gâche un tantinet le plaisir éprouvé à lire ce concentré d'humour noir.
1
The Dynamite Club: How a Bombing in Fin-de-Siecle Paris Ignited the Age of Modern Terror by John Merriman
Restitution impeccable de la vie d'Emile Henry et du milieu anarchiste français de la fin du XIXe siècle.
La figure d'Henry est fascinante : bourgoisvanti-bourgeois, intellectuel prônant la violence par les actes, meurtrier sans repentir, mais en même temps seulement un gamin d'une vingtaine d'années (son âge transparaît souvent dans ses paroles, qui restent celles d'un jeune passionné) qui voulait bel et bien devenir un martyr.
L'auteur laisse le lecteur tirer ses conclusions sur la façon dont Henry en est venu à faire ce qu'il a fait. Merriman part d'une question simple (pourquoi a-t-il lancé cette bombe dans ce café?), il nous donne les faits, l'atmosphère sociale et politique, les attitudes et la personnalité du jeune homme, le microcosme anarchiste international/parisien/londonien avec ses tensions et ses dissidences, le milieu policier, et il restitue bien toutes les ambiguïtés de l'affaire.
Je n'avais jamais bien compris avant ce cycle de violence allant notamment de Vaillant jusqu'à Carnot et voilà un pan de l'histoire du XIXe que je saisis enfin.
Il est intéressant que l'apogée de ce cycle ait lieu 20 après la Commune - à l'âge où les fils deviennent adultes (ce qui est précisément ce qui se passe pour Henry) et diminue ensuite. La violence revient contre l'Etat une génération après. J'aurais ainsi aimé plus sur les rapports qu'entretenaient les anarchistes avec le souvenir de la Commune.
Il est également intéressant que cette bombe show more lancée dans ce café soit à la fois l'apogée du cycle mais aussi le début de la fin : Merriman montre bien dans le dernier chapitre à quel point cet acte a embarrassé les anarchistes eux-mêmes.
Le livre dresse enfin des parallèles subtils avec notre époque et cette subtilité (chacun est libre de tirer conclusions et parallèles nuancés) est une de ses grandes forces.
Quant au livre lui-même, il est très bien écrit et très vivant, et pourtant je n'aime guère les livres d'histoires à la plume littéraire trop emphatique, mais Merriman, grand historien s'il en est, évite les écueils et reste subtil et rigoureux.
Il est à la fois abordable pour le novice en histoire et passionnant pour celui qui s'y connaît mieux.
J'aurais néanmoins aimé que l'appareil critique, comme les notes, soit visible. De plus, certains rappels "grand public" n'ont pas toujours un rapport avec le sujet. Je regrette surtout que cette édition "grand public", si elle est très abordable, a visiblement obligé à alléger les passages les plus complexes, laissant quelque peu sur sa faim. show less
La figure d'Henry est fascinante : bourgoisvanti-bourgeois, intellectuel prônant la violence par les actes, meurtrier sans repentir, mais en même temps seulement un gamin d'une vingtaine d'années (son âge transparaît souvent dans ses paroles, qui restent celles d'un jeune passionné) qui voulait bel et bien devenir un martyr.
L'auteur laisse le lecteur tirer ses conclusions sur la façon dont Henry en est venu à faire ce qu'il a fait. Merriman part d'une question simple (pourquoi a-t-il lancé cette bombe dans ce café?), il nous donne les faits, l'atmosphère sociale et politique, les attitudes et la personnalité du jeune homme, le microcosme anarchiste international/parisien/londonien avec ses tensions et ses dissidences, le milieu policier, et il restitue bien toutes les ambiguïtés de l'affaire.
Je n'avais jamais bien compris avant ce cycle de violence allant notamment de Vaillant jusqu'à Carnot et voilà un pan de l'histoire du XIXe que je saisis enfin.
Il est intéressant que l'apogée de ce cycle ait lieu 20 après la Commune - à l'âge où les fils deviennent adultes (ce qui est précisément ce qui se passe pour Henry) et diminue ensuite. La violence revient contre l'Etat une génération après. J'aurais ainsi aimé plus sur les rapports qu'entretenaient les anarchistes avec le souvenir de la Commune.
Il est également intéressant que cette bombe show more lancée dans ce café soit à la fois l'apogée du cycle mais aussi le début de la fin : Merriman montre bien dans le dernier chapitre à quel point cet acte a embarrassé les anarchistes eux-mêmes.
Le livre dresse enfin des parallèles subtils avec notre époque et cette subtilité (chacun est libre de tirer conclusions et parallèles nuancés) est une de ses grandes forces.
Quant au livre lui-même, il est très bien écrit et très vivant, et pourtant je n'aime guère les livres d'histoires à la plume littéraire trop emphatique, mais Merriman, grand historien s'il en est, évite les écueils et reste subtil et rigoureux.
Il est à la fois abordable pour le novice en histoire et passionnant pour celui qui s'y connaît mieux.
J'aurais néanmoins aimé que l'appareil critique, comme les notes, soit visible. De plus, certains rappels "grand public" n'ont pas toujours un rapport avec le sujet. Je regrette surtout que cette édition "grand public", si elle est très abordable, a visiblement obligé à alléger les passages les plus complexes, laissant quelque peu sur sa faim. show less
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Une impression de déjà-vu avec ce Brussolo-là, définitivement en dessous de sa production habituelle, et qui nous sert une histoire de drogue nouvelle guère passionnante.
Restent des bonnes idées, comme le Eaten Alive Club et la villa de bord de mer, le plaisir de retrouver son héroïne Peggy Mitchum (l'excellent Les Enfants du crépuscule)... et le fait qu'un Brussolo moyen reste meilleur que bien d'autres romans à suspense.
Restent des bonnes idées, comme le Eaten Alive Club et la villa de bord de mer, le plaisir de retrouver son héroïne Peggy Mitchum (l'excellent Les Enfants du crépuscule)... et le fait qu'un Brussolo moyen reste meilleur que bien d'autres romans à suspense.
Aug 6, 2009French



















