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Fantastique de la vieille Europe, ce n'est pas si courant. Ni trop clair ni trop obscur, juste assez chaotique. Le film m'avait impressionné il y a longtemps, le livre ne m'a pas déçu.
Où Houellebecq est plus que jamais en phase avec son époque.
Lovecraft vieillit bien. Parce que le pessimisme vieillit bien, mais pas que.
Il y a la nature, belle, brutale quelquefois, mais étrangère au bien et au mal. C'est l'homme qui fait le bien ou le mal. En l'occurrence le bien vient de Baumugnes, un hameau perdu, et pas du tout de la ville. C'est que le paysan provençal est l'héritier d'une civilisation disparue ou presque.
Court essai limpide et vertigineux, où il se trouve confirmé que l'on peut faire de la bonne littérature avec des mauvais sentiments. Intéressant même quand on n'a pas lu Lovecraft (auquel cas on ne saurait tarder).
A première vue le projet était ambitieux: intégrer ou transposer l'Iliade, y mêler les divers avatars de l'espèce humaine dans un avenir lointain, plus Shakespeare (et même Proust !...) Cela commence plutôt bien, Dan Simmons a dû travailler Homère, on s'y croirait, en même temps il nous épate avec les robots du système de Jupiter qui discutent ancienne littérature pendant leur spare time etc. Malheureusement la suite peine à dépasser l'entrée en matière, un peu comme dans les films d'action américains. Enfin cela reste honnête, et comme la fin est ouverte, une bonne suite est toujours possible (la suite existe, c'est Olympos, que je n'ai pas lu).
Quant au style ou à la construction c'est minimaliste, sinon formaté: trois fils qui s'entrelacent bien régulièrement, des chapitres courts pour maintenir le suspense... plus quelques clins d'oeil à notre époque un peu téléphonés (ou plutôt téléportés). Donc si par les thèmes on est loin dans le passé et dans le futur, par la forme on est bien dans ses pantoufles. C'est que Dan Simmons aime la vraie littérature mais pas au point d'essayer d'en faire, ou peut-être trop pour essayer d'en faire. Il semble n'avoir pas d'autre ambition que de vendre et se mesurer à Stephen King auquel on l'a comparé. De quoi être un peu déçu donc, surtout après le choc Hyperion.
Comment une enfance malheureuse, une vie médiocre (ou ordinaire ?) et la lecture des Pensées de Pascal peuvent mener au crime un individu plutôt lucide par ailleurs, un sujet qui n'est pas anecdotique quand on y pense. La forme du récit, entre le monologue et le dialogue, est intéressante.
Dans ce qui n'était que la préface à sa traduction de Sésame et les Lys de Ruskin, parue des années avant La Recherche, on trouve déjà l'art et la science de Proust. Longtemps il s'est exercé.
Des forêts anciennes réduites en copeaux pour l'exportation, des fjords pollués par l'élevage du saumon pour l'exportation, etc: les dégâts du libéralisme sauvage et de la mondialisation en Patagonie.
En Afrique Equatoriale Française dans les années 50, un écologiste avant la lettre prend le maquis - ou plutôt la brousse - et trouble l'ordre public. Pour l'époque c'est un illuminé. Avec ce sujet Gary était en avance sur son temps (le livre est sorti en 1956 !) Et il n'allait pas faire monter sa cote chez les "progressistes".
Belles descriptions de la nature africaine.