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"Rant" est une histoire racontée sous la forme d'une biographie orale de Buster "Rant" Casey, comme un recueil d'interviews d'une cinquantaine de témoins qui ont connus le mystérieux Buster Casey. Quand le récit débute, le lecteur découvre que celui-ci est mort et aurait propagé la rage, décimant une grande partie de la population humaine. Dans ce roman, sorte d'éloge funèbre chanté par un chœur constitué d'amis, de voisins, de policiers, de médecins, de détracteurs et d'admirateurs, Chuck Palahniuk explore les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d'une Amérique en mal de repères. Les thèmes de prédilections de l'auteur sont encore utilisés, la description d'un monde où la vie est à mourir d'ennui et où les individus cherchent par tous les moyens d'en sortir, quitte à affronter directement la mort. ("Peste" pour l'édition française)
Une belle remontée avec "Rant", qui déjà étonne par sa forme, pour ensuite intéresser par son contenu dans le pur style prise de tête à la Palahniuk, qui éparpille les indices au fur et à mesure du récit pour à la fin nous laisser désorienté, interrogateurs. Là où les thèmes explorés ont déjà été parcourus par tant d'auteurs et par lui-même dans ses précédents romans, la manière dont "Rant" est raconté est scotchante, uniquement en dialogues donc nous épargnant des descriptions fastidieuses pour ne garder que l'action tout en étant assez clair pour ne pas perdre le show more lecteur. La où les premières dizaines de pages témoignent d'un univers redneck dans une petite ville du midwest sauvage américain, le récit dévie dans de l'anticipation façon "Strange Days", avec en parallèle tout une thématique sur les accidents de voiture à la façon du "Crash" de J.G. Ballard et une vision du voyage dans le temps entre "Terminator" et "Retour vers le futur", en bien plus barré.

“You grow up to become living proof of your parent's limitations. Their less-than-masterpiece.”
"What bothered Rant was the fake, bullshit nature of everything."
"Beginning with Santa Claus as a cognitive exercise, a child is encouraged to share the same idea of reality as his peers. Even if that reality is patently invented and ludicrous, belief is encouraged with gifts that support and promote the common cultural lies."
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Acid Test est la chronique par un jeune auteur New-Yorkais, Tom Wolfe, des débuts du psychédélisme en Californie, sous forme d'un journalisme tourné comme du roman, pour placer le lecteur devant un texte vivant reflétant la réalité de l'époque. C'est avant tout l'histoire de Ken Kesey, à l'époque (début des années 60) jeune auteur reconnu de "Vol Au Dessus d'un Nid de Coucou", qui découvre le LSD, s'entoure d'une sorte de communauté d'amis, les Pranksters, et part avec eux autour des Etats-Unis et au Mexique dans un bus scolaire repeint aux couleurs psychédéliques. Ce bouquin est donc avant tout une sorte de road-trip qui essaye de retranscrire à la fois l'histoire et le voyage des Pranksters mais aussi leurs expériences avec les drogues psychédéliques. Le propos est parfois décousu, la lecture peut être un peu difficile, mais l'esprit du moment est vraiment bien retranscrit et le texte prenant. On y découvre le monde psychédélique et hippie, et son influence immédiate sur la libération des loisirs des jeunes, l'apparition de nouveaux courants artistiques et musicaux en particulier. Les Pranksters étaient eux-même un groupe de musiciens qui se mueront dans les Grateful Dead et inspireront toute une génération de musiciens -à commencer par les Beatles- avec leurs manipulations sonores, l'utilisation d'effets de delays, qu'ils étaient parmi les premiers à expérimenter. Au niveau de l'imagerie, c'est aussi l'apparition, avec les premières show more fêtes psychédéliques, des couleurs fluo, des stroboscopes, des effets sonores.
Outre le sujet, assez prenant en lui-même, la façon dont est organisée la narration est intéressante, quoiqu'un peu décousue et difficile à suivre parfois. Tom Wolfe, dans sa volonté de faire du journalisme, de présenter la réalité telle qu'elle a été vécue par les protagonistes, en l'occurrence des proto-hippies la plupart du temps sous drogues psychédéliques, détaille leurs délires en intégrant des dialogues retranscrits à partir d'enregistrements, puis reprnd un contexte narratif pour revenir sur le fond, l'époque ou son interprétation des événements dans lesquels il s'insère alors.
Ce type d'écriture assez expérimentale pour l'époque a été qualifié par l'auteur lui-même de "New Journalism" qu'on peut rapprocher du Gonzo journalism de Hunter S. Thompson, l'auteur de Las Vegas Parano, ou des romans de Truman Capote. Il consiste à raconter l'histoire en une succession de scènes pas forcément dans un ordre chronologique en prenant les points de vue des différents protagonistes tour à tour, à retranscrire des dialogues entiers, à aller dans les détails du quotidien dans un travail de reportage. Le résultat prend la forme d'un roman, d'ailleurs assez long et dense, qui tente de se rapprocher au plus près de la réalité historique, en donnant l'impression au lecteur d'être à l'intérieur de l'histoire et de s'associer aux personnages.
L'originalité de l'écriture et le nombre importants d'informations, y compris en terme de lieux, personnes et événements impliquent qu'il faut parfois s'accrocher mais le contexte est tellement attractif pour quiconque s'intéressant au mouvement psychédélique que la lecture en est assez addictive.
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Je me suis mis à "Retour à Brooklyn" de Selby Jr qui est sous titré "Requiem for a Dream" et dont est tiré le film. On retrouve un peu près le même type de personnage que dans le précédent bouquin que j'ai lu, "Roman avec Cocaine" (et ça ne finit pas mieux), un jeune de 20 ans drogué, cynique, sans coeur avec une mère seule et paumée. J'ai toujours aimé les films forts, les films qui vous font vous accrocher à votre fauteuil, traversé par les horreurs que vivent les personnages à l'écran, et Requiem for a Dream de Darren Aronofsky est certainement un de mes films préférés, donc j'avais envie de lire le bouquin pour voir si j'y retrouvais le même souffle. Je n'ai pas été déçu, d'une le film suis scrupuleusement le film, hormis quelques scènes d'occultées, ce qui est compréhensible pour une question de durée. Le tourbillon des destins des 4 personnages s'emballant dans un crescendo final, décrit avec brio par Selby Jr, est très bien mise en valeur par l'utilisation de la musique dans le film qui en devient primordiale.
Je ne lis décidément que des bouquins joyeux ces temps-ci... ce "Roman avec Cocaïne" est l'unique court écrit de M. Aguéev, il a pour héros un lycéen russe vers 1917 qui découvre la cocaïne et finit mal. Le fait que ce soit un unique roman d'un écrivain russe dont par ailleurs on ne sait rien est assez original, il semblerait que l'histoire soit autobiographique, on peut donc supposer que l'auteur serait mort peut après l'avoir écrit. Le manuscrit du roman avait été envoyé à un journal parisien qui l'a publié par épisodes sans rien savoir de l'auteur.
Le roman en lui-même est court mais intéressant quoiqu'assez bizarrement construit, en 4 phases assez différentes : anecdotes de lycée, histoire d'amour, expérience avec la cocaïne, réflexions sociales quasiment philosophiques sur l'esprit humain. Mais ce qui fait l'intérêt de ce roman est avant tout son style et le ton désabusé de son auteur, qui décrit avec précision et justesse les événements qui l'amèneront à goûter à la cocaïne, les sensations qu'il en a retiré et son influence sur sa psyché, qui se poursuit dans des considérations philosophiques. Curieux et passionnant, sans complaisance, en phase avec la crudité du réel.
C'est peut-être mon penchant naturel pour l'alcool qui veut ça mais j'ai directement accroché sur l'écriture de Bukowski, et surtout sur son esprit, son détachement, son égoïsme, son amour exclusif de la bouteille, donc des bitures, des femmes, donc du cul, et sa façon de toujours centrer ces histoires autour d'un personnage qui quand il n'a pas carrément son nom et son image, lui ressemble. Women, Journal d'un vieux dégueulasses, sont autant de bouquins qui semblent quasiment autobiographiques, chroniques de la vie d'un alcoolique décrépit s'étant mis sur le tard à l'écriture, à la poésie. Les "Contes de la folie ordinaire" sont en fait des nouvelles hétéroclites assemblées sans lien chronologique ou thématique entre elles. Bukowski raconte sa vie en dehors du système, se foutant de tout, provocateur, jean-foutre et jemenfoutiste. Vite lu, jouissif, divertissant, marrant, unique, que ce soit au niveau des thèmes comme de l'écriture. C'est peut-être parce que c'est la dernière, mais la nouvelle qui m'a le plus marqué est "Le Zoo Libéré", histoire d'amour entre un clodo et une allumée zoophile bien barrée mais où perce une pointe de romantisme plaisant et de réflexion intéressante sur la tolérance.
Lu en anglais, le titre français étant "A l'estomac", mais la lecture en anglais est assez recommandée. "Haunted" est un roman écrit selon un procédé assez particulier, il présente la trame d'un récit, entrecoupé de nouvelles qui lui sont intégrées. En fait l'histoire suit une vingtaine d'écrivains en mal de reconnaissance qui ont répondu à une petite annonce leur proposant de passer quelques mois ensemble dans un lieu isolé, dans des conditions qui leur permettront de trouver l'inspiration. L'aventure, assimilable à une sorte de télé réalité, tourne bien sûr à l'aigre et la situation dérape complètement, ce qui vaut des scènes assez hallucinantes. Les nouvelles, productions supposées de ces écrivains sont très variées, parfois assez gore. Un bon bouquin, comme toujours avec Chuck Palahniuk, mais quand même beaucoup moins intéressant qu'un "Fight Club", "Diary" ou "Survivor" car ça ressemble un peu trop à un fourre tout, comme si Palahniuk s'était escrimé à caser de ses nouvelles dans un ensemble qui e devient du coup assez inégal. Cela dit, rien que pour le style incisif et pour quelques passages d'anthologie, je recommande sa lecture, en particulier aux amateurs de ses autres romans.
Je me rappelle avoir tenté la lecture de Céline plus jeune, enfin je veux dire carrément jeune, vers 14/15 ans, mes souvenirs restent vague, je ne sais même plus lequel de ses romans j'avais entamé, "Mort à Crédit", il me semble mais il me faudra le lire, ce que je compte faire bientôt. Pour me plonger dans cet auteur, j'ai voulu commencer par son premier roman, "Voyage au Bout de la Nuit" qui lui a valu dès sa sortie une sorte de buzz comparable à la sortie de Houellebecq peut-être. En tout cas, Céline choquait avec ce nouveau roman au niveau style, une langue parlée avec pas mal d'argot, comme au niveau du contenu, un récit assez cru et parsemé de réflexions sociales, quasi philosophiques, assez désespérées.
La lecture de ce très long roman (un des plus longs romans français) m'a plu dans son ensemble même si je l'ai trouvé assez inégal. Tout d'abord le style et le rythme m'ont conquis, et surtout une trame dense mais assez rapide, mais j'ai au fur et à mesure trouvé que le propos s'éternisait un peu, jusqu'à devenir assez pesant sur la fin. Biographie d'un homme qui a 20 ans pendant la Première Guerre Mondiale, on suit le personnage principal, sorte d'alter ego de Céline, dans un périple qui l'amènera par la guerre dans les Ardennes, au front puis à Paris blessé, puis en Afrique où il est témoin du colonialisme, puis aux Etats-Unis en passant par New-York puis Boston où il travaille à la chaine dans une usine Ford et enfin en retour show more à Paris où il termine ses études de médecine et se met à pratiquer en libéral. Louis Ferdinand Céline était médecin et les situations médicales se succèdent dès lors que le héros réussit ses études à Paris, et la deuxième moitié du roman est consacrée à sa vie assez misérable en tant que médecin moyen et dépressif. La différence de rythme entre les 2 moitiés du roman est assez étonnante, dès son retour à Paris, le propos perd en intensité, les réflexions sociales sur la guerre, la pauvreté, le capitalisme, les colonies, les africains, les Etats-Unis des années 30, laissent la place à une description pas forcément palpitante du quotidien morose d'un médecin. Je retiendrais donc surtout la première moitié de "Voyage au Bout de la Nuit" qui est assez exceptionnelle, d'une écriture riche et rare, dommage que la fin m'ait moins passionnée.
C'est certainement un roman à lire, pour sa dureté, son désespoir, le héros méprisant un peu près tout le monde tout en étant lui-même assez méprisable, tout comme certains aspects de Céline. A réserver donc aux amateurs d'émotions assez fortes et noires.
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Suite à des discussions avec des potes, je relis quelques passages de ce très bon texte d'Onfray (dont par ailleurs je n'approuve pas toutes les idées sur d'autres sujet). Même si je n'ai pas besoin d'un bouquin, encore moins d'un essai philosophique pour me convaincre, ce "Traité d'Athéologie" définit bien un terme qu'on entend trop peu à mon avis, laissant le champs libre à toutes les croyances miteuses. Michel Onfray défriche l'histoire et le concept de l'athéisme et surtout la nécéssité de promouvoir la laïcité et l'athéisme argumenté, avec brio, et je ne peux qu'appuyer.
Post Office est un le premier roman de Bukowski et retrace une certaine partie de sa vie par l'intermédiaire de son alter-ego Henry Chinaski : une quinzaine d'années passées à travailler à la poste, d'abord à délivrer le courrier puis en centre de tri, entrecoupée de périodes à vivre de paris aux courses de chevaux. Le style de vie de Bukowski, fait en grande partie de bitures et turpitudes en tout genre, imprègne ce roman même si le rôle accordé à la Poste, à son travail et ses collègues est quand même assez important.

J'aime beaucoup Bukowski mais ce n'est pas le meilleur bouquin que j'ai lu de lui, j'ai l'impression qu'il y est assez retenu, sont style manque encore un peu de la personnalité qu'il aura par la suite, ce qui n'est pas étonnant finalement étant donné que c'est son premier roman, écrit sur le tard après quelques années à se consacrer à la poésie. C'est un roman simple, qui se lit facilement, et arrive à être assez divertissant, même si je conseillerais plutôt de commencer par lire de lui des œuvres plus tardives.