Picture of author.

Jacques Soustelle (1912–1990)

Author of Daily Life of the Aztecs

31+ Works 775 Members 8 Reviews

About the Author

Series

Works by Jacques Soustelle

Daily Life of the Aztecs (1955) 419 copies, 2 reviews
The Olmecs: The Oldest Civilization in Mexico (1979) — Author — 72 copies, 2 reviews
Gli aztechi (1970) 59 copies
El universo de los aztecas (1979) 30 copies, 2 reviews
The Land of the Incas (1977) — Author — 22 copies, 1 review
The long march of Israel (1969) 22 copies
Arts of Ancient Mexico (1969) 20 copies
Los mayas (Spanish Edition) (1982) — Author — 20 copies
México, tierra india (1995) 16 copies
Mexico (1969) 12 copies

Associated Works

Mexico: pre-Hispanic paintings — Preface — 6 copies
Le livre Terre humaine (1993) — Contributor — 3 copies

Tagged

Common Knowledge

Members

Reviews

8 reviews
An exciting observation of a self sustaining civilization. Soustelle writes in a way that inspires imagining being a part of the Aztec culture. This book not only provides insight into many aspects of Aztec life, but describes how all the aspects connect to one another, from before the beginning, to Spanish destruction. The dualist culture, that came about from nomads assimilating with settled inhabitants, opened my eyes to the wonder of the Aztecs.
Jacques Soustelle no es sólo uno de los mayores y más sabios conocedores de nuestro pasado prehispánico; es también un hombre de sensibilidad generosa y abierta.
not a very attractive people. fat faces, big noses and little eyes. i could be related!
Touchée par le syndrome Cités d’Or dans mon enfance, je ne m’en suis jamais remise. Alors les Olmèques, c’est une fascination depuis longtemps. Et les quelques têtes colossales que j’ai eu la chance de voir n’ont pas assouvi ma curiosité, loin de là. Mais la littérature est pauvre sur le sujet, alors il m’a fallu du temps pour trouver ce bouquin épuisé depuis longtemps mais qui, malgré sa date de parution (1979, presque aussi vieux que moi…) fait toujours référence. show more Mais j’ai été patiente et voilà mon opiniâtreté récompensée.
La littérature est pauvre sur le sujet, disais-je. Et c’est à juste titre car il y a peu à dire sur cette civilisation dont on sent bien que les traces laissées ne sont pas à la hauteur de ce qu’elle a été, mélange de temps lointain et de climat défavorable à la conservation de certains artefacts. Pas un petit ossement à se mettre sous la dent, pas un morceau de bois à interroger (enfin si, un seul, mais j’y reviendrai), quelques rares céramiques, et puis surtout, surtout, des sculptures, monumentales sur basalte ou petites et précieuses sur jade.
Il y a longtemps, je ne connaissais que les têtes monumentales des Olmèques, ce type de sculpture si particulier et qui, à ma connaissance, n’a pas d’équivalence et n’a pas d’héritage. Puis j’ai eu la chance de pouvoir visiter des musées dans la zone, et même de visiter des sites olmèques, dont bien sûr le plus connu, celui de La Venta, enfin sa reconstitution (avec les monuments d’origine et le souci de reproduire le site original à l’identique des connaissances qu’on en avait à l’époque, parce que, vous comprenez, la civilisation Olmèque est la plus ancienne de Méso-Amérique, ses vestiges sont rares et précieux, mais il y avait du pétrole dessous. Il faut savoir où sont ses priorités dans la vie). Et là, j’ai découvert des monuments étranges, avec notamment ces statues sortant d’une bouche de félin et qui tiennent des bébés-jaguars (ou were-jaguar) dans leurs bras, des statues trop nombreuses et similaires pour ne pas demander une interprétation. Et puis j’ai découvert tout un tas de petits objets sculptés, et d’autres statues, parfois avec les traits olmèques caractéristiques (yeux en amande, nez épaté et bouche aux commissures tombantes) et parfois des traits bien différents. Les choses devenaient plus complexes.
Et c’est là qu’intervient le livre de Soustelle. J’avais envie d’en savoir plus et de comprendre ce qu’il y avait peut-être à comprendre. Soustelle commence bien sûr son exploration dans ce qu’il appelle la « zone métropolitaine », avec la découverte d’une première tête colossale, en 1862 près de Tres Zapotes, qui fait entrer de manière fracassante les Olmèques (qui ne portent pas encore ce nom) dans l’archéologie, puis avec une visite guidée minutieuse de La Venta et de ses principaux monuments. Jusqu’ici, rien de nouveau pour moi.
Puis après la zone métropolitaine, Soustelle s’aventure vers le Nord-Est, jusque dans l’État de Guerrero, puis vers le Sud-Est dans celui d’Oaxaca, et enfin vers le Sud dans le Chiapas, au Guatemala et, furtivement, au-delà. Et là, c’est encore un nouveau pan de la civilisation Olmèque que j’ai découvert. Car dans ces zones de présence olmèque, on trouve beaucoup plus de « petit art » (petit au sens purement physique du terme, et c’est moins qui le désigne ainsi) avec des poteries et même le seul objet en bois olmèque que l’on connaisse, trouvé à Guerrero et qui n’a pu survivre jusqu’à aujourd’hui que grâce au climat plus sec de ces zones par rapport au « berceau » olmèque aux frontières des Etats de Tabasco et de Veracruz. Et on retrouve aussi de nombreuses stèles, ainsi que des gravures et mêmes quelques exemples de peinture dans des grottes, avec notamment le site de Chalcatzingo que maintenant je regrette de ne pas avoir visité.

Voilà tout l’intérêt du livre de Soustelle, faire un tour d’horizon aussi complet que possible de ce que l’on a trouvé. Cela donne de nombreuses descriptions, qui peuvent parfois paraître répétitives, mais Soustelle arrive à faire passer la pilule pour la néophyte que je suis grâce à un style simple mais varié. Puis, à chaque fois, essayer de voir ce que l’on peut en comprendre. Il reprend certaines thèses émises par d’autres et les critique pour soit les conserver soit les rejeter. Il n’hésite pas à laisser des points d’interrogation là où on ne peut pas faire mieux, mais il arrive à dégager quelques traits de ce qu’aurait pu être cette civilisation, dont on ne sait même pas comment elle se nommait elle-même. (Le terme Olmèque leur a été attribué dans les années 20 par l’archéologue Hermann Beyer qui s’est inspiré de la façon dont les Aztèques, plusieurs siècles plus tard donc, appelaient les habitants de la côte du Golfe du Mexique, Olmeca, le gens du caoutchouc.)
Soustelle parle de façon assez approfondie de l’invention du calendrier et d’une première forme de Long Compte, que l’on retrouvera chez les Mayas et ailleurs. Il réfléchit à l’invention d’une première écriture. Il affirme que le jeu de pelote (au moins dans une forme moins codifiée qu’il ne le sera par la suite) est un héritage olmèque. Il arrive à évoquer quelques grands traits de l’organisation olmèque (un peuple plus commerçant que guerrier, probablement pas un empire, etc.) Par contre, il est beaucoup plus circonspect quant à la définition du panthéon olmèque, ne souscrivant pas aux théories très élaborées de certains de ses collègues. Et il me laisse finalement sur ma faim quant à la signification de ces fameux were-jaguar qui sont omniprésents à La Venta et qu’on retrouve ailleurs, mais dont Soustelle estime ne rien pouvoir dire que des généralités (qu’en gros le jaguar est une figure importante dans le panthéon olmèque et que ces statues font probablement référence à un épisode mythologique important mais inconnu. Frustrant vous dis-je, mais honnête scientifiquement, et cela je peux l’apprécier.

Ce livre a donc été une promenade dans le temps et dans la géographie assez fascinante. Je n’ai pas l’habitude de lire des livres d’archéologie de ce type, et je m’aperçois bien de ma difficulté à prendre du recul par rapport à ce qui a été dit, je n’ai pas les outils pour comprendre les analyses stylistiques de certains artefacts (de temps en temps, le rapprochement entre différents objets, qui semblait aller de soi à Soustelle et ses collègues me paraissaient difficiles à discerner, et puis je suis incapable d’évaluer le degré de précision et de finesse dans les techniques employées). Mais malgré cela, ce livre m’a fait l’effet d’un travail scientifiquement honnête, qui ne cherche pas à faire parler les objets plus que de raison, qui ne cherche pas à tout prix à tirer des conclusions impressionnantes mais peu fondées.
Paradoxalement, c’est un livre dont la lecture m’a beaucoup appris sur un sujet qui me fascine, mais qui laisse beaucoup de questions ouvertes, peut-être même encore plus ouverte qu’avant que je ne le lise. Un exemple, la filiation entre Olmèques et Mayas, qui me paraissait si évidente (le jade, le jaguar…) et que certaines conclusions du livre renforce (le Long Compte et le jeu de pelote n’étant que les deux plus évidents, mais ils sont de taille). Pourtant, malgré ces affinités évidentes (mais qui ne sont pas liées qu’aux Mayas, d’autres cultures moins prestigieuses montrent une filiation avec la culture olmèque), on n’a trouvé à ce jour aucun artefact qui attesterait de la présence olmèque dans la zone où se développera la culture maya. Les Olmèques étaient des voyageurs pourtant, ils se sont établis loin de leur zone d’origine autour de La Venta, mais on n’a aucune trace en zone maya. Filiation continuité, rupture, l’histoire de la Méso-Amérique est à l’image du reste du monde, surprenante, parfois difficile à cerner. Mais penser à ces hommes et ces femmes qui ont laissé tant de monuments gigantesques et uniques, énigmatiques et fascinants, et qui resteront pour toujours probablement plus inconnus que connus, il y a de quoi continuer à faire rêver encore longtemps la petite fille qui a vécu tant d’aventures aux côtés d’Esteban, Tao et Zia.
show less

Lists

Awards

You May Also Like

Associated Authors

Statistics

Works
31
Also by
2
Members
775
Popularity
#32,828
Rating
3.9
Reviews
8
ISBNs
71
Languages
10

Charts & Graphs