Louis Guilloux (1899–1980)
Author of Blood Dark
About the Author
Image credit: Eugène Dabit (1898-1936)
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Common Knowledge
- Canonical name
- Guilloux, Louis
- Legal name
- Guilloux, Louis François Marie
- Birthdate
- 1899-01-15
- Date of death
- 1980-10-14
- Gender
- male
- Occupations
- writer
translator (English-French) - Awards and honors
- Grand Prix de Littérature de l'Académie française (1973)
Grand Prix national des lettres (1967) - Relationships
- Guilloux, Renée (wife)
- Nationality
- France
- Birthplace
- Saint-Brieuc, Côtes-d'Armor, Bretagne, France
- Place of death
- Saint-Brieuc, Côtes-d'Armor, Bretagne, France
- Associated Place (for map)
- Saint-Brieuc, Côtes-d'Armor, Bretagne, France
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Reviews
As if Flaubert, instead of puzzling over every word and cutting and trimming and defining and refining, had written the satirical chapters of Bovary in one three month long period, without cutting anything, and then stitched them together as best he could. The provincial satire is strong, but when your main character is named after Kant's first critique, I'm going to need more intellectual weight than this to fill out 500 pages.
Le sang noir est un roman magistral, un de ceux qui prend aux tripes, qui touche la fibre humaine avec la douleur d'un scalpel sur un nerf à vif. Il y a peu de romans qui touchent aussi juste sur les absurdités de la vie, sur les médiocrités et les grandeurs de l'âme humaine. La tragédie classique est à l'oeuvre dans ce roman : unité de lieu et de temps, et une purge terrible des passions dans la personne de Cripure. Comment oublier ce professeur informe, mal dans sa peau avec ses show more grands pieds et sa peau de bique, un personnage, un grand monsieur qui intériorise fortement des douleurs et pour qui la vie n'a plus de sens. Cripure qui est le miroir de la bêtise des autres, des petites vies grisâtres, des douleurs aussi que l'on ne montre pas. Comment oublier aussi cette figure secondaire qu'est Marchandeau, hagard à la recherche d'un train pour sauver son fils qui va se faire fusiller ? Nous sommes en 1917 et il faut des exemples pour sauver l'esprit nationaliste français dans cette saignée terrible que fut la Grande Guerre. Marchandeau offre une figure de pietà dans un chapitre qui est dans doute le plus émouvant du roman. A l'opposé, il y a l'imbécillité triomphante et son esprit de clocher ratatiné, représentée par Nabucet. Oui, vraiment, le "sang noir" est un très grand livre. On pense à Céline bien entendu, mais on pense à tous les écrivains qui ont fouaillé l'âme humaine jusqu'à son tréfonds : Dostoïovsky, Hugo, Proust, les moralistes du XVIIème siècle. Dans ma bibliothèque, ce roman cotoie les plus grands. show less
Avec les 80 ans du Débarquement cette année, j’ai repensé à ce petit livre que je veux lire depuis longtemps mais que je laisse dormir sur mes étagères. Voilà donc une injustice que je viens de réparer.
Il s’agit de deux courts romans ou de deux longues nouvelles, ou je crois plutôt, d’une longue nouvelle suivie d’un court roman. Les deux n’ont apparemment rien à voir : Salido parle de l’accueil des réfugiés républicains espagnols à la fin des années 30 et Ok, Joe ! show more se passe pendant la campagne de libération de la France au lendemain du débarquement au sein de l’armée américaine. L’unité est à chercher ailleurs. Dans le prénom du narrateur peut-être en premier lieu, Louis, comme l’auteur donc aussi, et effectivement ces textes sont directement inspirés de l’expérience de Louis Guilloux, qui a notamment été interprète pour l’armée américaine pendant la libération.
Mais le ton de ces nouvelles surprend. Dans la première nouvelle, on est loin de la gloriole bravache des républicains réfugiés qui ont perdu mais ont pour eux la certitude d’avoir été du bon côté de la guerre. Non, il est juste question d’une humanité quotidienne, d’un désir de foyer et du besoin d’un peu de chaleur humaine. Dans Ok, Joe !, c’est la désillusion d’une victoire juste mais qui semble promettre d’autres guerres. Encore une fois, on est du on côté de la guerre : du côté de l’humanité et en plus du côté des vainqueurs, tout devrait aller pour le mieux. Et pourtant, l’interprète ne peut s’empêcher de noter le racisme ordinaire (déjà à l’époque, ce n’est pas une préoccupation d’aujourd’hui !), et puis l’incompréhension totale dont les Américains peuvent faire preuve par rapport aux cultures libérées. Le fossé se creuse, et la victoire laisse un goût amer, un goût de défaite.
Deux très beaux textes, que rien n’oblige à lire comme un tout, si ce n’est le choix de l’éditeur. Deux regards inhabituels sur deux guerres du XXème siècle que la littérature explore pourtant abondamment, et ce dans la langue précise et sans fioriture de Louis Guilloux. Deux très belles lectures par cet écrivain qui mériterait d’être remis à l’honneur. show less
Il s’agit de deux courts romans ou de deux longues nouvelles, ou je crois plutôt, d’une longue nouvelle suivie d’un court roman. Les deux n’ont apparemment rien à voir : Salido parle de l’accueil des réfugiés républicains espagnols à la fin des années 30 et Ok, Joe ! show more se passe pendant la campagne de libération de la France au lendemain du débarquement au sein de l’armée américaine. L’unité est à chercher ailleurs. Dans le prénom du narrateur peut-être en premier lieu, Louis, comme l’auteur donc aussi, et effectivement ces textes sont directement inspirés de l’expérience de Louis Guilloux, qui a notamment été interprète pour l’armée américaine pendant la libération.
Mais le ton de ces nouvelles surprend. Dans la première nouvelle, on est loin de la gloriole bravache des républicains réfugiés qui ont perdu mais ont pour eux la certitude d’avoir été du bon côté de la guerre. Non, il est juste question d’une humanité quotidienne, d’un désir de foyer et du besoin d’un peu de chaleur humaine. Dans Ok, Joe !, c’est la désillusion d’une victoire juste mais qui semble promettre d’autres guerres. Encore une fois, on est du on côté de la guerre : du côté de l’humanité et en plus du côté des vainqueurs, tout devrait aller pour le mieux. Et pourtant, l’interprète ne peut s’empêcher de noter le racisme ordinaire (déjà à l’époque, ce n’est pas une préoccupation d’aujourd’hui !), et puis l’incompréhension totale dont les Américains peuvent faire preuve par rapport aux cultures libérées. Le fossé se creuse, et la victoire laisse un goût amer, un goût de défaite.
Deux très beaux textes, que rien n’oblige à lire comme un tout, si ce n’est le choix de l’éditeur. Deux regards inhabituels sur deux guerres du XXème siècle que la littérature explore pourtant abondamment, et ce dans la langue précise et sans fioriture de Louis Guilloux. Deux très belles lectures par cet écrivain qui mériterait d’être remis à l’honneur. show less
Jul 31, 2024 (Edited)French
– Je te donne bien du train, dit Kernevel.
– T’occupe donc pas. On est au monde, c’est pour s’aider.
(p. 41, Chapitre 6).
Cette longue nouvelle est souvent publiée dans l’ombre d’un texte plus conséquent mais elle mérite d’être lue pour elle-même, et ce d’autant plus qu’elle est ici accompagnée d’une préface d’Albert Camus, contemporain et ami de l’auteur.
Préface, d’ailleurs, qui dit tout ce qu’il y a à dire, ma note de lecture ne rajoutera rien. Il est show more question de pudeur, de ton juste, « qui ne flatte ni ne méprise le peuple dont il parle et qui lui restitue la seule grandeur qu’on ne puisse lui arracher, celle de la vérité. » (p. 8) mais d’émotion quand même. [Albert Camus] écrit : « Je défie (…) qu’on lise ce récit sans le terminer la gorge serrée. » (p. 9) et j’ai été de ceux qui ont eu la gorge serrée.
Pourtant il n’y a pas grand-chose dans ce livre. Un maçon, Jean Kernevel, vieux garçon d’une cinquantaine d’années, pauvre oui, mais sans excès, la soupe assurée tous les soirs, un petit verre au bistrot à la fin de la semaine, mais guère plus. Rien qu’une chambre meublée d’un lit, d’une table et de deux chaises. Des amis, mais aussi une grande solitude qui ne se dit pas. Mais parfois le corps trahit, et le cœur de Jean Kernevel n’a plus vingt ans. Il ne lui faudra pas plus de quelques jours pour passer, et pas même un soupir pour se plaindre. Une vie simple comme aurait dit un autre écrivain. Une vie simple et digne, vécue sur la pointe des pieds et quittée de même.
Et la superbe plume de Louis Guilloux pour dire cela, sans jamais un mot plus haut que l’autre. Encore une fois, il me faut convoquer Albert Camus pour le dire : « Guilloux ne cesse de se maintenir à la hauteur exacte de son modèle, sans le dégrader et surtout, oui, surtout, sans le majorer. » (p. 9). Une nouvelle comme un petit joyau modeste dans la veine des écrits ouvriers de Louis Guilloux. show less
May 9, 2021 (Edited)French
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